Page 34 - Il Corpo Fanteria Real Marina 1861-1878
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IL CORPO FANTERIA REAL MARINA 1861- 1878
Quand j'ai vu quelque chose de défectueux dans l'administration, je
n'ai pas hésité a esprimer mon blâme sans reticences; de la même ma-
nière, je crois pouvoir, avec la même franchise, la même lovauté, appuyer
monstenr le ministre quand j'approuve ses actes, lorsque, selon mon juge-
ment, ils mérìtent l'approbation.
Monsieur le rapporteur, il faut lui rendre cette justice, pose la question
de la manière la plus nette, la plus positive: croyez-vous que le Real Navi
soit nécessaire, ouì on non? Moi je lui réponds: oùi! il est nécessaire: il
est nécessaire non seulement pour les arsenaux, les bagnes, les ports,
dans tontes les occasion dont a parlè monsieur le ministre, mais il est
encore nécessaire, très-nécessaire en cas de guerre.
Il est nécessaire surtout dans un pays comme le notre où nous avons
des iles. Ainsi, messieurs, je suppose pour un instant qu'on ait besoin d'en-
voyer, soit sor les côtes de la Sardaigne, soit sur tout autre point de la
rivière de Génes ou ailleurs, une compagnie de 100 ou 200 hommes: eh
bien! si vons voulez embarquer pour ce service des hommes de la ligne,
vous n'aurex jamais des hommes dispos en arrivant.
Vous avez sous les yeux l'exemple de la France. Vous savez l'ètat dans
lequel arrivent les corps qu'on expédie de France dans l'Algerie. Ces
corps arrivent entièrement défaits, épuisés, incapables d'entreprendre le
moindre service; il leur faut le temps de se remettre de leurs fatigues de
mer avant d'entreprendre le moindre service.
Envoyez au contraire un corps d'infanterie de marine, qui est habitué
au service de mer et à celui de terre, vous pourrez dans une circonstance
urgente agir avec avantage et vigeur. Si vous enbarquez au hasard de
l'infanterie qui n'est pas habitué à la mer, cette infanterie, dans un cas de
guerre, mal-gré sa bonne volonté et son courage, sera incapable de rien
faire, vons n'en obtiendrez rien.
Je ne reviendrai pas sur la question qui a été débattue l'année dernière.
Je ne appellerai pas le glorieux passé de ce corps, quoique ce passé soit
assez remarquable por mériter quelque considération. Je ne veux pas faire
entrer ce passé dans une discussion de chiffres. Je me bornerai à le rappe-
ler à la Chambre en lui disant que, si nous considérons bien notre position
topographique, nous verrons que ce corps est non seulement une utilité,
mais encore une necessité pour nous, et que, si nous ne l'avions pas, il fau-
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