Page 227 - 1992 - XVIII Congresso Internazionale di Storia Militare
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LA  PARTICIPATION FRANçAISE A LA  GUERRE
                     D'lNDEPENDANCE AMERICAINE
                 UN EXEMPLE  DE STRATEGI:E INDIRECTE

                                                     ALLAIN  BERNEDE


       Les doonées du prohlème
           A la fin de la  guerre de Sept Ans, avec le r:raité de Pads du  10 février  1763,
       le  revers  esr  majeur pour la France.
           Dans la deuxième moirié du XVlll• siècle, I'Anglecerre, ayant acquis la supré-
       matie des men m, !ance un défi  d'un type nouveau. EUe écablit progressivemenc
       une vérirable hégémonie mondiale à parcir de deux  pivocs  ravis à  la  France, les
       lndes et le Canada.
           AJors que la  puissance de I'Anglecetre  paraìt solidement établie aux Améri-
       ques dans les rreize colonies anglaises, la menace française à partir du Canada ayam
       disparu, des concescacions surgissent. Les colons ont des exigences nouveUes et s'oppo-
       sent à I'Anglèrerre avec d'aurant plus de véhémence qu'ils ont pris conscience qu'ils
       ne sont plus des "Européens transplanrés" mais conscicuenc un véritable peuple.
       La mencalicé anglaise, l'entetemenc du roi George Hl m, conjugués aux rivalicés éco-
       nomiques conduisenc Ics "Américains" à revendiquer !es armes à la main des "liber-
       tés" puis leur indépendance.(3J.
           La diplomatie française, qui n'a pas les moyens polidques et financiers d'une
       nouvelle guerre, trouve là un cerraln propice et renonçanr à l'affromemem dlrect,
       opce  pour Ics  voies subtlles de la  stracégie  indirecte.
       L'analyse de la diplomarle française et la mise au  poin r des inten>entions
           En  France, à cette é·poque, s'il ·exisce  une cerraine anglomanie,  il  se  rrouvé
       aussi un senciment micigé emre le désir de revanche et la voloncé d'endiguer la puis-
       sance de I'Angle.cerre.
           Le jeune roi Louis XVI a fai t le c.hoix person.nel de mettre à la téte de sa di pio-
       marie le cornee de Vergennes. Agé de cinquante-sepc ans, cee ancien ambassadeur
       à  Consrantinople puis à Stoc.kholm, a  une vision globale et forc  pertinente de la
       sìt~tioo.  L'hçgémon.ie mondiale basée S\lr  J'économie et le çommerce qu'ç$t  Cfl.
       train d'établir l'Angleterre est, à ses yeux, d'un type tout à  fait inédit et par consé-
       quent exige  que la  riposte  polidque soie  rora.lement renouve.lée.
           Malgré, ou à cause du caractère novaceur de sa policique, Vergennes n'a pas
       Jes  mains  Jibres. 11 se  heurce  à l'inexpérience du  roi, aux  vues étriquées du chef
       du gouverne.ment,  Maurepas (4)  ec  à Turgoc, concroleur-général des fìnances, qui
       prétend que le  premier coup de canon sera le signa! de la banqu.eroute.
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