Page 315 - Airpower in 20th Century - Doctrines and Employment
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            la doCtrine d’emploi des troupes d’aviation suisses durant le xxème sièCle


            centrale d’engagement air au niveau des corps d’armée. Les travaux préparatifs des
            années 1960 et les avancées technologiques qui permettent la mise en place d’une
            centrale d’engagement au niveau national, avec le système FLORIDA, vont définiti-
            vement mettre les troupes d’aviation sur la voie de la centralisation des moyens. La
            Conduite des troupes 1982 définit alors clairement les lignes de commandement et
            les attributions, notamment par le biais de crédits de vols. Le passage à l’Armée 95
            termine cette évolution avec une aviation alors totalement autonome, où les Grandes
            Unités ne disposent même plus de crédits pré-définis. Les demandes d’appui des
            Grandes Unités doivent d’abord transiter par l’Etat-major de conduite de l’Armée
            avant d’être transmises au commandement des troupes d’aviation, qui décident quels
            moyens sont engagés.
               Le dernier point touche l’organisation matérielle. Trop souvent, l’équipement des
            troupes d’aviation ne permet pas de remplir les missions envisagées par les autorités
            politiques ou militaires du pays. Cela est particulièrement criant dans l’organisation
            des troupes de 1924. La mission de chasse alors envisagée ne pourra jamais être
            remplie car l’aviation ne dispose alors que d’avions capables de mener des missions
            d’exploration. Les Messerschmitt acquis avant et durant la Seconde Guerre mondia-
            le permettront quelque peu de corriger le tir. Se présente également le cas de figure
            où du matériel est acquis ou développé alors même que la doctrine n’est pas claire-
            ment définie. C’est le cas notamment du P-16. La commission d’acquisition d’avion,
            active dans les années 1940 et 1950, ne se pose alors pas la question de savoir pour
            quelle(s) type(s) de mission l’appareil est développé et demeure concentrée sur des
            points très techniques, comme par exemple de savoir ce qui est le plus avantageux
            pour nos troupes d’aviation : un monoplace ou un biplace !
               Nous devons également faire la constatation que les préparatifs menés pour l’en-
            gagement des troupes d’aviation jusque dans les années 1960 ne sont pas optimaux.
            Cela explique en partie les errements au niveau de l’acquisition de matériel, bien que
            les rivalités entre les différents services (aviation, état-major général, service tech-
            nique militaire, ) y soient également pour beaucoup. La mise en place de la défense
            combinée permet enfin d’aligner les missions confiées aux troupes d’aviation avec
            le matériel en dotation dans les escadrilles. Il s’agit alors du point culminant pour
            nos troupes d’aviation. La fin de la Guerre froide et la chute des crédits alloués à la
            défense auront pour conséquence de mettre les Forces aériennes devant le choix cor-
            nélien de renoncer à certaines tâches, comme les capacités d’attaque au sol. A l’aube
                   ème
            du XXI  siècle, le défi est maintenant de façonner le nouveau profil de prestations
            de notre aviation, avec pour toile de fond, le remplacement des Tiger et les réduc-
            tions budgétaires.
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