Page 310 - Airpower in 20th Century - Doctrines and Employment
P. 310

310                         airpower in 20  Century doCtrines and employment - national experienCes
                                             tH


            l’arrivée de nouveaux membres au sein de la Commission de défense nationale va
            permettre de débloquer la situation et sortir de cette crise de conception. La fin de
            la période voit néanmoins la parution du premier règlement non-provisoire relatif à
                                             49
            l’engagement des troupes d’aviation.  Celui-ci ne change rien au constat que notre
            force aérienne est à engager de manière tactique. L’analyse est toutefois quelque peu
            affinée puisque l’on parle de deux phases de guerre : 1° la protection de la neutralité ;
            2° les engagements de guerre. Les missions ne varient guère, le transport aérien s’y
                      50
            est ajouté.  L’engagement est néanmoins envisagé de manière centralisée afin de
                                         51
            pouvoir fixer un effort principal.  On désire atteindre ainsi une supériorité aérienne
                                      52
            locale et limitée dans le temps , signe qu’un chasseur devra alors faire son apparition
            dans les rangs des troupes d’aviation. Le soutien des troupes au sol, tant direct qu’in-
            direct demeure néanmoins le point central ; celui-ci doit être conduit et coordonné
            au niveau des corps d’armée, qui disposent chacun d’une centrale d’engagement air,
                                                                                  53
            alors que les divisions et brigades ne disposent que d’un poste de direction air.  Ce
            règlement ne révolutionne pas l’engagement mais rend perceptibles des évolutions
            à venir : la chasse comme partie intégrante de l’engagement des troupes d’aviation
            ou encore la centralisation de son engagement en une seule et unique centrale d’en-
            gagement. Pour l’instant néanmoins, la situation ne diffère guère de celle rencontrée
            durant la Seconde Guerre mondiale.


            6. La mise en place de la défense combinée

               En 1958, les changements au sein de la Commission de défense nationale font
            pencher la balance de la Konzeptionsstreit dans le sens de la mobile defence. Cela
            signe en partie l’arrêt de mort de la production indigène d’avions, en l’occurrence
                              54
            l’abandon du P-16.  Cette doctrine se voit concrétisée dans l’Organisation des
            troupes de 1960. L’aviation de chasse y apparait très clairement puisque l’aviation
            doit être en mesure de pouvoir repousser des raids aériens importants, dans une
                                            55
            phase de protection de la neutralité.  Ensuite, l’Armée doit pouvoir mener un com-
            bat mobile sur le plateau, le tout couvert par l’aviation. Celle-ci appuie toujours les
            troupes terrestres mais, soit par la lutte contre les bases de feu et les installations
                                                56
            adverses ou par la couverture aérienne.  Pour les troupes d’aviation, ce change-


            49   Règlement 56.3 Einsatz und Kampfführung der Flugwaffe, 1959, Berne, DMF, p. 111.
            50   Ibid., pp. 10-11.
            51   Ibid., p. 12.
            52   Ibid., p. 31.
            53   Ibid., pp. 69-76.
            54  grand Julien: op. cit.
            55   Message  du  Conseil  fédéral  à  l’Assemblée  fédérale  concernant  l’organisation  de  l’armée
               (Organisation des troupes) (Du 30 juin 1960) in Feuille fédérale, 1960, Vol. 2, n° 29, p. 327.
            56   Ibid., pp. 334 – 336.
   305   306   307   308   309   310   311   312   313   314   315