Page 33 - Le Operazioni Interforze e Multinazionali nella Storia Militare - ACTA Tomo II
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III- Bilan de la FIA
La FIA a présenté des lacunes sur le plan militaire et a révélé l’incapacité de l’OUA
à déployer une OMP.
31-Insuffisances dans la planification
Les phases politiques et militaires ont souffert d’une absence de coordination. Les
contingents ont été déployés de façon prématurée sans mise en condition opération-
nelle. Sans aucune coordination sur le terrain, les troupes seront réparties selon le dispo-
sitif ci-après : le contingent sénégalais au centre, encadré par les Zaïrois au Nord et les
Nigérians au Sud. Du fait cette faiblesse de la fonction commandement de la Force, les
contingents n’ont pas pu disposer de règles d’engagement.
En ce qui concerne la constitution des approvisionnements, c’est également le son
de la discorde entre les partisans d’un financement autonome et l’aide étrangère. La
solution sera finalement trouvée dans la coopération bilatérale. Le Sénégal et le Zaïre
reçoivent le soutien de la France, le Nigéria se fait équiper par les USA, l’Allemagne
Fédérale et la Grande Bretagne. Cette disparité laisse imaginer toutes les difficultés in-
duites en termes d’interopérabilité.
Enfin, la neutralité de la Force a été mise en doute, les contingents sénégalais et
Zaïrois étant fortement soupçonnés de sympathie, voire de complicité ou de duplicité à
l’endroit des FAN.
32-Echec du règlement politique de l’OUA
La prise du pouvoir par les FAN renvoie à l’échec du règlement politique de l’OUA :
HABRE était au pouvoir, la réconciliation n’était pas faite et les institutions n’avaient
pas été reconstruites. Dès le 09 août 1983, la France déclenchait l’Opération « MAN-
TA » pour arrêter l’offensive du GUNT amené par Goukouni avec le soutien de la Lybie
qui occupe toujours la bande d’Aouzou.
33-L’incapacité à remplir des missions de sécurité collective
Si lors du sommet de Khartoum en 1978, l’OUA avait estimé que « la défense, la
sécurité et la paix sont la responsabilité des seuls Africains », la FIA au Tchad a montré
qu’elle n’en avait pas encore ni le cadre organisationnel, ni les moyens.
Conclusion
La FIA de l’OUA au Tchad apparaît aujourd’hui comme une expérience inédite.
Conduite par une Organisation internationale dépourvue de mécanismes de sécurité col-
lective et traversée par de fortes divergences politiques entre ses membres, dans un pays
qui avait sur son sol des armées étrangères et où la violence politique était chronique,
la FIA pouvait difficilement remplir la mission qui lui avait été fixée. Cependant, les er-
reurs qui ont été commises ont permis à l’Afrique de faire des avancées décisives sur le
chemin de l’édification de mécanismes de sécurité collectives et des opérations de paix.

