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558 XXXIV Congresso della CommIssIone InternazIonale dI storIa mIlItare • CIHm
consisté aussi en l’envoi de travailleurs. S’agissant de personnes en âge de procréer, et vue
la durée de la guerre, les répercussions sur le plan démographique sont évidentes.
le déclenchement de la Première Guerre a été suivi , dès le 1er août 1914, par un décret
beylical convoquant les Appelés de 1911, 1912 et 1913 ainsi que les volontaires en exer-
cice, soit un total de 11.989 pour participer au conflit. Les jeunes Tunisiens âgés de moins
de vingt ans sont alors astreints à un service militaire de trois ans, suivis de sept ans de
réserve, mais les exemptions étaient nombreuses. Elles concernent les Israélites, les Tuni-
sois, les soutiens de famille, les étudiants de la Zitouna, les titulaires du Certificat d’études
primaires. Un tirage au sort permet de dispenser d’autres jeunes de cette obligation et un
système de rachat annulé en 1918, autorisait moyennant le payement d’une somme d’argent
de se faire remplacer.
Lors de la Première guerre mondiale la Tunisie fournit à la France près de 80.000 sol-
dats et une trentaine de milliers de travailleurs. Une thèse affirme que «si on compte aussi
le recrutement de 1919, on obtient un total de 73.000 soldats (...) 10.000 de ces militaires
étaient des engagés volontaires» . Selon le même auteur le recrutement est «poussé à ses
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limites»; ce qui permit d’atteindre un chiffre record en 1917.
Pour ce qui est des pertes, bien que les estimations diffèrent sensiblement d’une source
à une autre, on peut affirmer qu’elles sont considérables. Dans un rapport établi par le Ré-
sident Général Flandin et envoyé au Quai d’Orsay, au début de 1920, portant sur «la main
d’oeuvre indigène» il est question de 10.000 soldats tunisiens tués ou disparus pendant la
guerre et de 8.000 mutilés et réformés. L’ensemble soit 18.000 représenterait d’après la
même source «le chiffre de la génération annuelle des jeunes de 17 ans».
Dans un livre publié en 1926 sous le titre « l’Afrique du Nord pendant la guerre» Augus-
tin Bernard signale 10.723 soldats tués sur les champs de bataille en Europe, et une dizaine
de milliers de blessés. Ces estimations, l’officielle et l’officieuse, n’englobent pas ceux tués
au Maroc ou en Orient.
Quant à celles avancées par les nationalistes, il est question d’un chiffre global de 45.000
entre morts, disparus, blessés et mutilés . ainsi, l’ampleur des sacrifices consentis par les
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populations civiles est incontestable, puisque même si on retient seulement le chiffre rela-
tivement bas de 15.000 tués, nous sommes au dessus de la moyenne des pertes parmi les
soldats français qui seraient de l’ordre du sixième.
Qu’on l’attribue au fait,- largement établi au moins de lors de quelques batailles-, à l’ex-
position aux premiers coups des soldats coloniaux ou à d’autres facteurs, cette situation a
largement accrédité l’idée «d’un impôt du sang» . elle a en ce qui nous concerne aussi
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profondément affecté la démographie. Il est aussi à signaler, à ce sujet que, plus d’un millier
de travailleurs officiels (sur 26.000) perdirent la vie.
Pour ce qui est des Européens et plus précisément des Français, l’impact est également
profond. En effet, nous remarquons un net ralentissement de la croissance de leur nombre,
pour lequel nous disposons de données assez précises. la population européenne de tunisie
1 Goldstein (Daniel), Libération ou annexion. Aux chemins croisés de l’histoire tunisienne, M.T.E., Tunis
1978, p.164.
2 Voir notamment Thaalbi (Abdelaziz), La Tunisie Martyre. Ses revendications, Ed. Jouve , Paris 1920.
3 Voir notamment Mahjoubi, (Ali), Les origines du mouvement national en Tunisie (1904-1934), Publications
de l’Université de Tunis, 1982, p. 184.

