Page 60 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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562 XXXIV Congresso della CommIssIone InternazIonale dI storIa mIlItare • CIHm
188 adultes pour 100 enfants en milieu européen (...)
102 adultes pour 100 enfants en milieu musulman. »
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L’accélération de la mobilité de la population à laquelle les guerres ont contribué a ag-
gravé les problèmes sociaux. Ainsi, l’exode rural s’accentue au lendemain de la Première
et surtout de la Seconde guerre mondiale. La population urbaine passe de 27% en 1936
à 32% en 1946. C’est la capitale et les autres grandes villes du littoral qui ont reçu l’es-
sentiel des ruraux que la campagne a chassé. La population de la région de Tunis double
au cours de cette période, celles de la deuxième ville, -Sfax-, et de Bizerte augmentent de
prés de 50%.
L’ampleur de l’exode rural est telle que, l’accroissement du nombre d’habitants de la
capitale au cours de cette décennie est six fois supérieur à l’écart entre les naissances et les
décès. «Dans la seule ville de Tunis et pour la seule population musulmane un apport de
100.000 personnes venues du pays s’est produit entre 1936 et 1946; dans la banlieue de Tunis
l’apport a dû représenter 60 à 70.000 habitants. » l’ensemble de la population musulmane
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des villes s’accroît de 240.000 habitants au cours de cette décennie contre 123.000 personnes
entre 1926 et 1936.
En plus des déséquilibres régionaux que l’accélération de l’exode aggrave, on signale que
les gourbivilles les plus anciens, apparus au lendemain de la Première guerre gonflent et de
nouveaux se constituent. Cette ceinture «d’habitat spontané» qui entoure Tunis rassemble
ceux que la ville n’arrive pas à intégrer et attire les flux croissants de personnes réduites au
chômage, victimes de nombre de maux sociaux et dont certaines contribuent à développer un
secteur tertiaire refuge.
La guerre en est responsable à plus d’un titre. En effet, « au cours du deuxième conflit
mondial en particulier, les réquisitions, les prélévements et les ventes forcés décidés par l’ar-
mée française provoquèrent une baisse très sensible des effectifs de cheptel de trait, baisse
aggravée par la sécheresse des années 1945-47. Des dizaines de petits propriétaires se trou-
vèrent dans l’obligation d’hypothèquer ou de vendre les parts indivises qu’ils possédaient
dans les différentes régions du Tell céréalier et d’émigrer vers les villes et en particulier
tunis.» 12
Quant à l’émigration vers l’étranger qui a commencé timidement au lendemain de la
Première et a commencé à prendre une certaine consistance après la Seconde guerre, elle se
dirige presque exclusivement vers la France. Elle n’arrive pas à réduire d’une façon signifi-
cative le chômage, ni à avoir le moindre impact sur la croissance de la natalité dans les villes
que l’arrivée des ruraux semble avoir contribué à faire croître.
Sur le plan économique, les retombées d’ordre démographique des guerres ont contribué
à ce déséquilibre majeur entre croissance de la population et celle de la population, consti-
10 Kraiem (Mustapha), La classe ouvrière tunisienne et la lutte de libération nationale (1939-1952) , imprime-
rie de l’U.G.T.T., Tunis 1980, p.45.
11 Vibert (Jean), « Tableau de l’économie tunisienne», In Bulletin Economique et Social de la Tunisie, Octobre-
Novembre-Décembre 1952.
12 Kassab (Ahmed), Etudes rurales en Tunisie, Publications de l’Université de Tunis, 1980, p.71.

