Page 63 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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          Gabès étaient presque les seules à opposer une résistance farouche à laquelle, d’ailleurs, les
          bédouins ont pris part activement.
             Et pour donner un caractère populaire à ce mouvement de résistance armée, les représen-
          tants des tribus se sont réunis à la Grande Mosquée de Kairouan (15 – 20 juin 1881) sous la
          présidence de Ali ibn Khalifa qui devient le commandant en chef de la résistance armée tuni-
          sienne surtout lors des batailles de Sfax et de Gabès. Ces représentants ont élaboré une charte
          d’honneur appelant à la poursuite de la résistance armée dans tout le territoire tunisien.
             La lutte s’organisa aussi dans les autres régions du pays autour des tribus. Des troupes
          régulières qui refusèrent le traité de Bardo, rejoignirent les rangs de la résistance, à l’instar du
          commandant des artilleurs de Sfax. Cette ville, par exemple était défendue par 500 cavaliers
          qui sont venus d’autres régions et qui sont équipés d’armes légères, ne put opposer qu’une
          résistance désespérée à une escadre forte de 17 vaisseaux de ligne montés par 600 soldats et
          équipés de 151 canons.
              La supériorité numérique et logistique des Français décida de l’issue des affrontements
          dont le bilan fut lourd pour les Tunisiens (800 à 1000 martyrs). L’envahisseur n’avait, quant
          à lui, laissé sur le champ de bataille qu’une quarantaine de morts.
             La lutte armée s’est poursuivie dans le Sud et le Sahel après la prise de Sfax par les Fran-
          çais. A Gabes (Sud du pays) les unités françaises ont rencontré, également, une opposition
          farouche qui les a empêchées, à plusieurs reprises, de débarquer sur les côtes. Elles attendi-
          rent le mois de novembre pour mettre définitivement la main sur la cité (après avoir été prise
          et reprise 12 fois par les forces assaillantes).
             A l’automne 1881, les forces françaises se sont dirigées vers le Sahel afin de le soumettre.
          Dans tous les bourgs et toutes les villes de cette région, elles ont dû livrer de durs combats à
          la résistance inattendue des autochtones renforcés par de nombreux soldats de l’armée bey-
          licale qui ont rallié la résistance.
             Malgré la hardiesse et la bravoure des combattants tunisiens, l’occupant a pu s’installer
          en Tunisie pour lui imposer le protectorat. L’échec de la résistance entre 1881 et 1883 est
          imputable à des nombreux facteurs notamment :
             - la défection des autorités beylicales ;
             - l’absence d’un commandement unifié sauf pour les batailles de Sfax et de Gabès ;
             - l’obsolescence de l’armement des résistants ;
             - le recours à des procédés de combats inadaptés ;
             - la défaillance de l’aide extérieure ;
             - la supériorité technique, tactique et numérique de l’agresseur.
             Toutefois, la reprise de la résistance armée n’était que partie remise. L’embrasement du
          Sud en 1915 a apporté la preuve que la détermination des Tunisiens à libérer leur pays n’a
          pas été ébranlée.

          La résistance armée entre 1883 et 1952: La résistance à L’occupant

             La confiscation des terres des autochtones dans plusieurs régions du protectorat (1906)
          et d’autres exactions de la part des autorités coloniales ont provoqué des soulèvements et
          des affrontements sanglants entre les forces d’occupation et des autochtones tunisiens. Mais
          c’est au cours du soulèvement du Sud - Est (1915 – 1916) que la situation s’est beaucoup
          aggravée.
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