Page 64 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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566 XXXIV Congresso della CommIssIone InternazIonale dI storIa mIlItare • CIHm
En effet l’insurrection des tribus du Sud – Est, est considérée comme l’un des plus grands
gelons de la résistance armée en tunisie. les sources sont divergentes sur les pertes de cha-
que camp. Les Français reconnaissent 387 tués et 332 blessés dans leurs rangs, 250 victimes
et 740 blessés parmi les Tunisiens. Les milieux de la résistance dressent, un bilan plus lourd :
1181 morts et 356 blessés français, mais uniquement 127 martyrs locaux.
Au cours de la seconde guerre mondiale, ce sont des Mrazigues (Sud du pays) qui se sont
insurgés contre l’occupant (1943 – 1944). Plusieurs batailles ont opposé la résistance armée
aux forces d’occupation, essentiellement la bataille de Douz (Sud du pays) (29 Mai 1944).
Les femmes participèrent aux opérations militaires au cours desquelles la résistance infligea
des lourdes pertes aux Français et s’empara d’une grande quantité d’armes et de munitions.
La bataille de Zaramdine (au Sahel) (1944 – 1948) a opposé plusieurs résistants aux unités
françaises et s’est soldée par plusieurs morts et blessés dans les rangs des belligérants.
Entre 1948 et 1952, des négociations politiques furent ouvertes mais leur échec radicalisa
la résistance et ouvrit la porte aux grandes rebellions qui précédèrent l’indépendance.
La résistance armée entre 1952 et 1956: La résistance à L’occupant,
phase décisive
a l’appel du parti destourien et de l’union générale tunisienne du travail, une vague de
manifestations et de confrontations (16-17-18 janvier 1950) déferla sur plusieurs villes et
villages de la Tunisie. Elle fut suivie par l’arrestation de nombreux cadres destouriens et
syndicalistes. Deux ans plus tard (janvier 1952), éclata la crise politique qui déclencha le
mouvement de résistance généralisé connu sous le nom du « mouvement des Fellagas «
(1952-1954), (le terme de fellag désigne en arabe hors la loi, la presse française qualifie de
fellaga les résistants tunisiens et ce le 9 juillet 1952 et de rebelles le 16 décembre 1952).
Dès son retour en Tunisie, le 2 janvier 1952, le leader Habib Bourguiba demanda aux Tu-
nisiens de «se tenir prêts pour la lutte qui doit aboutir à nos aspirations » (Le Petit Matin du
3 janvier 1952). Il développa ce thème au cours des différentes réunions qu’il organisa et en
particulier à Bizerte le 13 janvier 1952, où il annonça qu’une délégation ministérielle venait
d’embarquer à destination de Paris pour porter la question tunisienne devant l’ONU.
Le jour même, et pour donner une image d’ “homme à poigne”, le nouveau résident
général Jean de Hautecloque, accompagné du Général Garbey, commandant en chef des ar-
mées françaises et connu pour avoir conduit des massacres à Madagascar (plusieurs milliers
morts), débarqua à Tunis à bord d’un croiseur et au milieu d’une grande armada, aussitôt
déployée en démonstration de force.
Aussitôt, la résistance populaire s’organisa. Partout des manifestants affrontèrent les for-
ces de l’ordre érigées en structure de répression. Chaque région, chaque ville et chaque vil-
lage eut « ses faits d’armes », ses journées de gloire. La révolution décisive se déclencha.
La complexité de la résistance tient à son caractère populaire. Le propre de cette résis-
tance fut qu’elle prenait, au départ, la tournure d’un soulèvement populaire mais une fois
le soulèvement brisé, elle s’accomplit dans la lutte urbaine; et s’il arrivait que la ville soit
épuisée, la campagne prenait la relève.
Le pays était désormais encadré par les structures de répression (fusillades contre les
manifestants, arrestations massives, déploiement de forces). Et comme il devait arriver bien

