Page 69 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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par des anciens combattants ou militaires Tunisiens ayant servi sous le drapeau français et
rallié la résistance armée.
Les opérations de La résistance armée
en plus des actions ciblées contre les troupes coloniales, la résistance armée a évité autant
que possible, d’attaquer de front, se limitant à n’attaquer que les arrières et les petites unités
attirées dans des embuscades. Néanmoins, la résistance a été obligée parfois de livrer des
batailles frontales. Celles-ci sont nombreuses. A titre d’exemple la bataille de Bargou (une
région montagneuse dans la dorsale tunisienne) qui a eu lieu du 8 au 14 novembre 1954 et qui
a opposé une centaine de résistants qui se sont postés sur les montagnes de la région de Bar-
gou, aux forces d’occupation françaises dont l’effectif a atteint 12.000 hommes commandés
par deux généraux et appuyés par des blindés, des batteries d’artillerie et d’avions.
Bilan de cette bataille : 18 morts et 20 prisonniers parmi les résistants. 80 morts et plu-
sieurs blessés (déclarés à l’époque par les autorités françaises) parmi les assaillants.
evaLuation généraLe de La résistance armée
Malgré la hardiesse et la bravoure des résistants tunisiens, l’envahisseur a pu s’installer
en tunisie pour lui imposer son protectorat. l’échec de la résistance sur le plan opérationnel
et tactique surtout dans sa phase de l’enfance (début : 1881 – 1883) est imputable à de nom-
breux facteurs notamment :
- la défection des autorités beylicales
- l’absence d’un commandement unifié sauf pendant la bataille de Sfax et de Gabès.
- l’obsolescence de l’armement des résistants
- le recours à des procédés de combats inadaptés (combat frontal)
- la défaillance de l’aide extérieure
- la supériorité technique, tactique et numérique des unités françaises.
Progressivement, les résistants ont tiré des leçons de leur échec et ils ont changé leurs
formes de combat et leurs tactiques qui deviennent plus adaptées à la situation militaire et
ont fait subir aux unités françaises de lourdes pertes, ce qui a poussé (avec d’autres facteurs)
les autorités françaises à renoncer à leur politique coloniale en Tunisie.
concLusion
La décision gouvernementale de Pierre Mendès France, le 31 juillet 1954 d’accorder
l’autonomie interne à la Tunisie ne fut pas seulement l’oeuvre du politique mais aussi fait
suite à l’apport et l’ampleur de la résistance armée ayant contraint la France à revoir sa po-
litique coloniale en Tunisie par l’ouverture des négociations avec les nationaliste. En effet,
les unités françaises n’ont pas réussi à circonscrire cette résistance armée très complexe étant
donné son caractère populaire et généralisé.
Cette guerre asymétrique qui a opposé des adversaires aux logiques différentes, les moyens
humains, logistiques et économiques traduisent une profonde disparité et les objectifs pour-
suivis n’étaient pas les mêmes. Les Tunisiens visent par leur résistance armée la libération
de leur pays et l’effondrement du système colonial en Tunisie alors que les unités militaires

