Page 73 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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          à la métropole. Dans le cas du Sénégal, en plus des citoyens des quatre communes appelés
          à défendre la patrie, un effort de guerre colossal allait être consenti par le recrutement de
          tirailleurs sénégalais .
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          Le recrutement des tirailleurs pendant la guerre
             L’existence de troupes indigènes ne date pas de la 1° Guerre mondiale. En effet, le dé-
          cret de Plombières signé par Napoléon III le 21 juillet 1857 stipule en son article 1° : « il
          sera formé au Sénégal un corps d’infanterie indigène sous la dénomination de Tirailleurs
          Sénégalais. Ce corps, composé de quatre compagnies ayant chacune trois compagnies sera
          commandé par un chef de bataillon ». Aux ordres de Faidherbe ces compagnies participent à
          l’œuvre de conquête coloniale et à la pacification.
             avant 1912, les tirailleurs étaient recrutés selon le principe de l’engagement volontaire.
          En effet, le recrutement était régi par une loi de 1904 qui rendait obligatoire le service mili-
          taire, pour tous les habitants de la colonie, excepté ceux des quatre communes (considérés
          comme des citoyens français à part entière). Le décret du 7 février 1912 modifia le recru-
          tement des troupes indigènes en instituant l’enrôlement sous les drapeaux par voie d’appel.
          Ce principe déléguait aux autorités coutumières et traditionnelles le pouvoir de mobiliser le
          nombre d’hommes demandé par l’administration. Cependant, même la mise en œuvre de ce
          nouveau décret ne mettait pas la colonie du Sénégal en devoir de fournir un grand nombre de
          soldats. Ces faibles contingents étaient même tolérés par les populations en dépit du carac-
          tère contraignant de la voie d’appel.
             lorsque éclate en août 1914 la guerre, aucun tirailleur ne se trouve sur le sol métropoli-
          tain. Cependant, très vite, leur nombre ira crescendo du fait des besoins en troupes fraîches.
          De 350 hommes en 1914, le contingent fut porté à 3350 personnes en octobre 1915 . Mais
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          c’est surtout le décret du 9 octobre 1915 fixant une levée d’effectifs de 50 000 hommes en
          AOF dont 7500 pour la seule colonie du Sénégal qui signera l’entrée effective de la colonie
          dans « l’effort de guerre ». Avec l’apparition des premières difficultés dans l’enrôlement des
          hommes, et leur impact sur le vécu des populations  le Gouverneur Général de l’époque
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          Van Vollenhoven propose de mettre fin au recrutement et de limiter la contribution des colo-
          nies de l’AOF dont le Sénégal à l’exploitation des ressources économiques.
             C’était sans compter avec les pertes subies par les unités françaises en 1917 qui obligè-
          rent le président du Conseil Georges Clemenceau à demander l’implication de Blaise Dia-
          gne . « Si vous êtes capable de recruter immédiatement 40 000 Noirs, je vous nomme haut-
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          commissaire de la République avec une situation équivalente de gouverneur général » .
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             La mission Blaise Diagne débute en AOF par le Sénégal en février 1918. Arrivé à Dakar
          après une intense campagne de sensibilisation, Blaise Diagne s’appuie sur les chefs tradi-

          4   Terme générique désignant tous les africains au sud du Sahara enrôlés dans l’Armée française
          5   Archives nationales du Sénégal. Dakar. Fonds AOF. 4D65. Premier Rapport Picanon.
          6   La famine et la sécheresse s’installent de 1913 à 1916 et l’exploitation coloniale commence à faire ses effets.
              Bakary Kamian, Des tranchées de Verdun à l’église Saint-bernard, Karthala, Paris, 2001, p.116
          7   Blaise Diagne, premier député noir du Sénégal au Parlement français, commissaire de la république. Au sujet
              de la biographie de B Diagne voir Amady Dieng, Blaise Diagne, premier député africain, collection Afrique
              contemporaine, vol 7, Editions Chaka, 289, rue Lecourbe, 75015, Paris, 1990
          8   Maurice Martin du Gard, Courrier d’Afrique : Sénégal-Soudan-Guinée, Flammarion, Paris, 1931, p.107
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