Page 76 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
P. 76
578 XXXIV Congresso della CommIssIone InternazIonale dI storIa mIlItare • CIHm
le milieu de 1916, l’entreprise était en plein rendement…fournissait de la viande aux troupes
métropolitaines et des conserves aux troupes d’occupation du Cameroun et du Togo ». il
14
convient également d’ajouter les 328 tonnes de cuir de bovidés expédiées à la Métropole
pour les besoins de la défense nationale.
Au total l’effort économique de la colonie du Sénégal aura été colossal. Les dépenses du
Ministère du Ravitaillement mandatées par la Délégation du Gouvernement du Sénégal se
sont élevées à plus de 49 millions de francs tandis que les exportations de la colonie à desti-
nation de la métropole sont estimées à 280 millions de francs.
Les impacts de L’effort de guerre sur La coLonie du senegaL
Le Sénégal a vécu la guerre 14-18 sur fond de calamités naturelles. Outre l’épidémie de
peste constatée à Dakar en 1914, il connaîtra une invasion de sauterelles sans précèdent en
1915 sans compter la peste bovine à la fin de 1917. Cette conjoncture difficile a accentué
chez les populations autochtones les répercussions politiques, économiques et sociales de
l’effort de guerre fourni.
L’impact politique et administratif
La guerre de 14-18 a entraîné un bouleversement de l’administration coloniale. Ce der-
nier s’est manifesté par la réduction des effectifs, mais surtout par une politique musclée de
reconquête de certaines parties de la colonie, comme la Casamance, et un réaménagement
des principes de l’administration directe locale.
La réduction des effectifs de l’administration induite par la mobilisation s’est traduite
par un rendement insuffisant des services. A titre d’exemple, la lutte contre la peste humaine
et bovine a beaucoup souffert de l’absence d’un personnel médical en nombre suffisant.
Dans le domaine scolaire, le calendrier fut fortement perturbé affectant du coup la capacité
de l’administration à former les cadres subalternes dont elle avait besoin pour mener à bien
ses missions régaliennes. Cette absence de relais efficaces conjuguée aux manquements de
l’administration coloniale va donner naissance à un climat grandissant de défiance qu’elle se
chargera d’éradiquer, à l’image de la reprise en main énergique de la partie sud de la colonie,
la région de Casamance.
longtemps délaissée par l’administration coloniale en raison de son éloignement de la
capitale, la Casamance s’est toujours signalée par son opposition aux opérations de recru-
tement. Pour mettre fin à cette situation d’insoumission, le Gouverneur Général décida du
désarmement de la population doublé d’un renforcement de la présence militaire française.
Un militaire fut nommé à la tête de cette province avec le titre d’Administrateur Supérieur.
En juin 1917, plus de 15 000 fusils sont saisis dont 1/10 provenant de la seule région de Casa-
mance. Cette reprise en main de la colonie, surtout en Casamance traduisait bien l’existence
de velléités réelles de résistance à l’ordre colonial devenu insupportable en raison de l’effort
de guerre surhumain exigé des populations. C’est sans doute pourquoi l’administration co-
loniale s’évertuera à lancer une nouvelle politique indigène de guerre visant à améliorer ses
14 L’industrie frigorifique aux colonies, l’Abattoir industriel et frigorifique de Lyndiane (Sénégal), notice rédi-
gée par C. de Chesson, ingénieur des arts et manufactures, ancien directeur de l’usine de Lyndiane. ANSOM
2G13 dossier n°3

