Page 75 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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          francs. Un effort similaire sera observé dans le domaine du ravitaillement de la métropole.

          Le ravitaillement
             Même si le ravitaillement de la métropole a toujours été assuré par la colonie, il convient
          de reconnaître qu’il ne s’inscrira dans une phase méthodique et organisé qu’à partir de 1917.
          Ce retard s’explique en partie par la préférence initiale donnée à la mobilisation des ressour-
          ces humaines, malgré la création dés 1915 par le Ministère des Colonies du Service d’utilisa-
          tion des produits coloniaux pour la Défense Nationale. a cette raison s’ajoute aussi le besoin
          aigu de matières premières, surtout d’oléagineux, ce qui justifiera la création du Ministère
          du Ravitaillement.
             Le ravitaillement portait essentiellement sur les prestations imposées aux populations
          locales avec la création de nouvelles terres cultivables et les réquisitions de l’administration.
          il pouvait également se traduire par la mainmise de la France sur certains produits et, surtout
          l’utilisation d’une main d’œuvre militaire abondante dans l’agriculture.
             Les prestations demandées aux populations autochtones comprenaient pour la plupart du
          temps des travaux champêtres sur les nouveaux périmètres aménagés par l’administration.
          Ces populations étaient également fortement impliquées dans des activités de transformation
          des produits céréaliers, l’aménagement de pistes de production et de magasins de stockage.
          C’est aussi pendant cette période que l’activité de portage sera très développée avec notam-
          ment ces longues colonnes d’hommes et de femmes transportant les produits de la récolte de
          l’intérieur vers les ports d’embarquement.
             Quant à l’utilisation de la main d’œuvre militaire, elle concernait la 2° portion du contin-
          gent, celle qui était déjà mobilisée, et en attente d’être projetée. C’est ainsi que de nom-
          breuses compagnies furent engagées dans la mise en valeur de nouvelles terres au point de
          produire à elles seules plus de 610 tonnes d’arachide, 350 tonnes de mil et 3000 tonnes de
          bois à la satisfaction du Gouverneur Général de l’AOF .
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             Le ravitaillement en denrées portait sur les céréales, les farineux, les poissons séchés, les
          conserves et les viandes frigorifiées.
             La rareté de l’avoine dans la métropole a obligé le service de l’intendance militaire à se
          tourner vers les produits de substitution parmi lesquels le mil. C’est ainsi qu’à la fin de 1916,
          la colonie du Sénégal avait déjà exporté 860 000 tonnes de mil vers le théâtre métropolitain
          dont une bonne partie était destinée à l’alimentation de la cavalerie française. Ces envois
          vont se poursuivre en 1917 avec la diversification des produits (sorgho, manioc, paddy et riz,
          huile de palme, noix d’amande).
             La mobilisation des ressources céréalières s’est accompagnée d’une exploitation intensive
          des produits animaliers avec notamment les viandes frigorifiées et les conserves. Au Sénégal,
          l’abattoir industriel et frigorifique de Lyndiane, port situé à quelques 200 km de la capitale
          Dakar, va jouer un rôle crucial dans l’alimentation des soldats au front . Crée en 1914,
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          l’abattoir traite 18 000 têtes en 1914, puis 27 000 têtes en 1915, et enfin 54 000 en 1917. La
          viande était congelée ou mise en conserve. Comme le souligne le directeur de l’usine « dés


          12   A N S. Dakar. Fonds AOF 6D31. Gouverneur Général à Ministre colonies. Dakar, 31 décembre 1917.
          13   Iba Der Thiam, le Sénégal dans la Guerre 14-18 ou le prix du combat pour l’égalité, Nouvelles editions
              Africaines du Sénégal, 1992, p. 102-105
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