Page 77 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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          rapports avec les administrés.
             Cette dernière consistait à rapprocher l’administration des administrés en s’appuyant sur
          les relais sociaux que constituent les chefferies traditionnelles légitimes. Trop souvent, l’er-
          reur de l’administration coloniale a été de promouvoir des chefs locaux perçus dans les can-
          tons comme des étrangers . Cette situation avait le désavantage de les faire passer pour des
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          suppôts du gouverneur et de susciter l’ire des populations. C’est pourquoi, note le Gouver-
          neur Général, pour mettre en œuvre sa nouvelle politique indigène, « le choix devra se porter
          de préférence sur les indigènes faisant partie des familles qui ont des droits historiques de
          commander à ces populations  ».
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             Cette réorganisation administrative du commandement territorial s’est accompagnée de
          certaines mesures préconisant plus de souplesse dans les amendes, l’espacement des réqui-
          sitions, autant de dispositions destinées à alléger les rigueurs de la guerre mais surtout à
          prévenir le vent insurrectionnel soufflé par la propagande allemande pour déstabiliser les
          colonies françaises.

          Les conséquences socio-économiques
             La guerre 14-18 a profondément déstructuré le tissu socio-économique de la colonie. Au
          plan économique, les récurrentes réquisitions ont spolié les populations de leurs moyens de
          subsistance. Cette situation alimentaire catastrophique s’est aggravée avec l’absence de bras
          valides pour cultiver la terre du fait du dépeuplement des villages entiers. A l’image de toutes
          les colonies de l’AOF« la sécheresse persistante de 1913 à 1916, les invasions de sauterelle,
          les mauvaises récoltes (…) les livraisons à vil prix de produits de traite, augmentaient la
          misère paysanne » .  Malgré ces conditions difficiles, les indigènes étaient toujours tenus
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          de payer l’impôt, qui prenait dés lors de nouvelles formes : le travail gratuit pour l’adminis-
          tration ou son représentant, restaurant du coup une nouvelle forme d’esclavage. Dans les
          villes, l’inflation galopante et le bas niveau des salaires expliquent l’apparition des premiers
          mouvements de grève en 1917.
             Dans le domaine social, la guerre a modifié le tissu social traditionnel. Elle a d’abord for-
          tement affaibli l’autorité du chef coutumier, accusé de tous les maux et surtout jugé incapable
          de protéger ses sujets face aux abus coloniaux. Cette perte d’autorité fera le lit des élites
          maraboutiques musulmanes, nouvelles légitimités donnant refuge aux populations fuyant les
          exactions coloniales.
             le dénuement des campagnes et la perte d’autorité des relais traditionnels ont aussi en-
          traîné la naissance d’un phénomène jusque là inconnu : l’exode des ruraux vers les centres
          urbains, abandonnant ainsi progressivement la culture de la terre.
             Enfin, comment passer sous silence l’apparition de cette nouvelle population faite parfois
          de manchots, d’aveugles, d’unijambistes : les anciens combattants. Souvent confrontés à
          des difficultés de réinsertion, revenus du front avec une « autre idée du Blanc », ces derniers


          15   Iba Der Thiam, le Sénégal dans la Guerre 14-18 ou le prix du combat pour l’égalité, Nouvelles editions
              Africaines du Sénégal, 1992, p. 128
          16   aNS Programme de politique indigène pour le Sénégal du Lieutenant Gouverneur du Sénégal Série 13G
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          17   Bakary Kamian, Des tranchées de Verdun à l’église Saint-Bernard, Karthala, Paris, 2001, p.161
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