Page 72 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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574 XXXIV Congresso della CommIssIone InternazIonale dI storIa mIlItare • CIHm
grand marabout musulman, obligé de céder la région de la Falémé. Dans le même temps les
efforts de conquête de Faidherbe et ses successeurs se traduisent par la construction d’une
ligne de chemin de fer Dakar- Saint Louis destinée à la valorisation de la culture de l’ara-
chide. Malgré l’opposition des chefs des royaumes centraux, en particulier de Lat Dior Diop,
la présence française est effective à l’intérieur du pays où se succèdent les postes militaires
jusqu’à l’extrême sud du pays, en Casamance. Globalement entre 1876 et 1891, toutes les
résistances sont défaites et la conquête coloniale du Sénégal est bien achevée.
C’est à partir du décret du 16 juin 1895 qui crée l’AOF que le Sénégal prend toute son
importance dans le dispositif politico administratif de la France. En effet, dés 1902, Dakar est
désignée capitale de la nouvelle entité coloniale, au détriment de Saint Louis. Les citoyens
de la colonie du Sénégal habitant dans les quatre communes jouissent de plus d’autonomie.
On assiste à l’émergence d’une élite urbaine qui donnera au Sénégal son premier député en
la personne de Blaise Diagne, dés 1914.
à la veille de la guerre, la France se distingue au Sénégal par une organisation politique
et administrative bien en place. Disposant de relais au sein de la chefferie locale (les chefs de
canton), l’administration coloniale pouvait compter sur un maillage important pour mobiliser
les populations indigènes. Au plan économique, les comptoirs commerciaux sont établis dans
toutes les grandes villes côtières et connaissent un essor avec la commercialisation de l’ara-
chide. En 1900, toutes les conditions semblent réunies pour faire de la colonie du Sénégal un
pion important dans la mobilisation future de ressources indispensables à la métropole.
ii contribution de La coLonie senegaL a La 1° guerre mondiaLe :
L’effort humain
A la veille de 14-18, la question démographique occupe une place centrale en Europe.
La baisse de la natalité et la limitation du service militaire à deux ans ont plongé l’armée
française dans une chute vertigineuse de ses effectifs. Par rapport à l’Allemagne capable de
mobiliser plus de 6 000 000 de combattants, la France estime ses capacités de mobilisation
à seulement 4 000 000 d’hommes. Partagée entre ses exigences coloniales (pacification du
Maroc) et la nécessité de faire face à la montée des effectifs militaires allemands, elle est bien
consciente que « la matière manque » selon le mot du Ministre de la guerre Millerand .
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C’est tout naturellement qu’elle se tourne vers sa base arrière, encouragée en cela par les
propositions du Général Mangin (1866-1925) favorable à la création d’une « Force Noire ».
Convaincu de la combativité des troupes noires qu’il a affrontées au cours de ces nombreu-
ses campagnes au Soudan, Mangin n’a de cesse de vanter à sa hiérarchie l’importance des
troupes noires : « Quand 100 000 Arabes et 100 000 Noirs seront mobilisés, prêts à com-
battre sur nos frontières, à coté des soldats métropolitains, alors les français sauront que
la France ne s’arrête pas aux bords de la Méditerranée, ni même au Sénégal, au Niger et
au Tchad et qu’elle est partout ou flotte son drapeau » . L’AOF, en raison de sa proximité
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géographique et de la sécurité relative des lignes de communications pouvait, selon Mangin,
puiser annuellement de son réservoir de 12 000 000 d’âmes, 10 à 12000 combattants destinés
2 Discours à la Chambre des députés du 18 juin 1912
3 Le service militaire des Sénégalais : un projet du lieutenant-colonel Mangin, Archives du gouvernement
général de l’AOF, Direction des Archives du Sénégal, 4 D31, 1909.

