Page 74 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
P. 74

576                                XXXIV Congresso della CommIssIone InternazIonale dI storIa mIlItare • CIHm

           tionnels locaux pour vulgariser les attentes de la métropole et chanter tous les bienfaits que
           les africains pouvaient tirer de leur engagement. A la différence des autres recrutements, la
           nouvelle conscription par voie d’appel n’excluait pas l’usage de la contrainte.
              Le câblogramme n°259 du février 1918 fixait pour le Sénégal un effectif de 7000 hommes
           à fournir. Sur décision du Gouverneur Général, un taux de 10% fut ajouté portant la barre à
           7700 hommes. Démarré le 17 mars, le recrutement atteint ses objectifs au 20 mai avec 7691
           recrues. Cette tournée de Blaise Diagne connut un véritable succès comme en témoigne le
           Gouverneur Général Angoulvant : « une grande part de ce résultat revient à l’action per-
           sonnelle de M. Diagne, à l’autorité morale qu’il exerce sur ces compatriotes, à la popularité
           qu’il s’est acquise parmi eux, aux vibrants et patriotiques appels qu’il leur a adressés ».
                                                                                   9
              Au total, la colonie du Sénégal aura fourni (entre Septembre 1914 et Juin 1918) 21.105
           tirailleurs sur les 147 877 recrutés en AOF auquel il faudra ajouter les mobilisés des ori-
           ginaires des quatre communes de l’ordre de 7183 soldats  , soit un total d’environ 29 000
                                                            10
           hommes.
              A cet effort de guerre humain allait s’ajouter une contribution non négligeable dans le
           domaine économique.

           L’effort économique
              La colonie du Sénégal n’a pas seulement mobilisé des ressources humaines en faveur de
           la métropole, elle a aussi participé pleinement à l’effort économique, en mettant à la dispo-
           sition de la France des ressources économiques appréciables. la participation de la colonie
           s’est faite sous plusieurs formes, dont les plus importantes sont l’aide financière directe et
           l’apport en matières premières et autres denrées nécessaires à la métropole.

           L’aide financière directe
              Elle a consisté à la souscription de la colonie à l’emprunt national, en versement d’or au
           profit de la Banque de France et à la participation aux œuvres de guerre d’assistance sociale.
           Pour trouver les ressources financières exigées par l’effort de guerre, la France a lancé à par-
           tir de 1915, une grande campagne de souscriptions à l’emprunt national en AOF. Le Sénégal
           a alors fourni 1/5 des souscriptions enregistrées en AOF avec 2 527 614 francs .
                                                                             11
              Des sommes d’or de l’ordre de 200 000 francs ont été collectées et envoyées à la Banque
           de France. enfin, la colonie a très vite adopté la pratique des œuvres sociales dans le sillage
           de celles qui ont essaimé en France au cours de la guerre : oeuvre Nationale pour les victimes
           de la guerre, Association des orphelins, Foyer du soldat aveugle, etc…. C’est ainsi que les
           journées spéciales dédiées à la générosité publique se sont multipliées. La journée du 75 faite
           en l’honneur du canon de 75 mm organisée à partir de mai 1915, celle du Poilu en 1916 ou la
           journée nationale des Orphelins en février 1917 ont permis de mobiliser environ 1 500 000
           francs.
              Au bilan la colonie du Sénégal a pu mobiliser au titre de l’aide financière plus de 3 600 000


           9   ANS. Dakar. Fonds AOF. 4D77. Gouverneur Général des colonies. Rapport n° 1091. Dakar, 18 juillet 1918
           10   ANS. Dakar. Fonds AOF. 2D8
           11   Pierre Varet. Du concours apporté à la France par ses colonies et pays de protectorat au cours de la guerre
               de 1914. Paris, Les Presses Modernes, 1927, P.45 à 56
   69   70   71   72   73   74   75   76   77   78   79