Page 81 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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L’appel lu dans les mosquées du Maroc et celui qui est lancé sur les ondes de la BBC le
18 juin 1940, témoignent en effet de la même détermination : volonté de combattre jusqu’à
la victoire.
Les deux appels, adressés à plus de neuf mois d’intervalle, soulignent la communauté
des idéaux prônés par les deux hommes, leur volonté de sauvegarder les principes démocra-
tiques et de rejeter le nazisme. Pour Sidi Mohammed ben Youssef, son action témoigne de
sa perception du sens profond donné au concept de libération, conjugué à celui de liberté et
d’indépendance.
Ordre et loyauté ont été les maîtres mots de la mobilisation. Caïds et pachas, Oulémas de
Marrakech, chefs des tribus, dignitaires de confréries religieuses assurent solennellement le
gouvernement de leur « dévouement absolu » à la cause française. Même les nationalistes
accordent aussi leur solidarité aux Français bien que depuis le début des années 1930, ils
aient manifesté leur opposition aux dérives du Protectorat.
Selon les autorités françaises, la mobilisation des Marocains crée un choc psychologique
qui a pour effet l’afflux de demandes d’engagement volontaires et l’engagement des services
de recrutement. Le rythme des engagements volontaires se maintient à un bon niveau
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jusqu’en mai 1940.
la présence des soldats marocains sur les champs de bataille en europe lors de la Se-
conde Guerre Mondiale honore le Maroc. Ceux-ci se sont battus aux côtés des Allies avec
bravoure et sens du devoir. Cette contribution active et massive a engendré des impacts à
plusieurs niveaux.
impacts sociaux
Sur le plan social, nous voyons une société privée de son indépendance aider une autre
société à retrouver sa liberté. Le Maroc qui résistait contre la France depuis l’établissement
du Protectorat est appelé à combattre aux côtés de ce même pays. C’est donc dans le cadre
de ses contradictions culturelles, religieuses, militaires et politiques que les Marocains ont
participé à la seconde Guerre mondiale.
Cette participation fut une cause essentiellement complexe. En effet, les anciens combat-
tants marocains n’étaient pas des militaires organisés, mais des soldats qui étaient mobilisés
à la suite de l’appel du Sultan pour participer à cette guerre. Issus pour la plupart du Moyen
atlas et du Haut atlas, ils constituaient le plus souvent une catégorie d’origine berbère,
menant une vie quotidienne loin d’être citadine et devant s’adapter à une autre situation.
En plus, ces combattants musulmans qui ont hérité des traditions guerrières liées à leur foi
religieuse, sont paradoxalement sollicités pour s’engager dans ce combat universel aux côtés
d’une armée non musulmane.
Combattants marocains et soldats français partagent l’espace d’une étape historique une
fraternité d’armes ; la différence de culture, de langue ou de religion était oblitérée. Rien ne
subsistait que cette fraternité d’armes dans le combat où le Marocain, au-delà de supporter
les souffrances physiques de la guerre, était convié à s’adapter à des techniques militaires
étranges et étrangères, à un climat rude et surtout à des motivations qui ne lui étaient pas pro-
5 Christine Levisse-Touzé, « L’Afrique du Nord, Recours ou secours, septembre 1939 – juin 1943 », Paris,
1998.

