Page 85 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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maternelle et le mémorisent à travers leur système linguistique. Les exemples suivants illus-
trent parfaitement ce phénomène :
• [alkabus] de « arquebuse »
• [sasbu] de « chassepot »
• [elcanu] de « le canon »
• [elkaskas] provenant de « la carcasse »
• [mšaš capti] pour « message capté »
• [serbis smen u fəktif tuarek] pour « service de la semaine et effectif théorique »
• [lə difrãt sort de tir sa : tirdabu tir¿ćnu tir wa abla] pour vouloir dire : « les différen-
tes sortes de tir sont : le tir debout, le tir à genoux et le tir à plat ».
Du côté du français, nombre de mots ou d’expressions ont été intégrés par cette langue ;
durant cette époque de l’histoire de la langue française, les soldats et les colons français
furent les principaux vecteurs de ces emprunts. Nous citerons les exemples suivants: Fissa
[fisa] – Chouia, Barda [barda] - Goum [gum] - Harki [‘aYki] – Baroud – Bled –
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Caid – Flouze – Guitoune – Méchoui – Nouba…
Enfin, si la guerre était un instrument ayant détruit un potentiel humain, matériel et im-
matériel, sa productivité scientifique et artistique, pourrait être un vecteur de la création et
également d’un autre patrimoine, qu’on ne saurait comparer. ainsi, l’impact culturel et so-
ciolinguistique étant évoqué, nous nous proposons à présent d’analyser l’impact économique
de la participation marocaine à la Seconde guerre.
impacts économiques
Au niveau économique, le Maroc constitua un réel point d’appui dans le second conflit
mondial en ce sens que la contribution marocaine ne fut pas exclusivement une forte mobili-
sation de ses hommes conjuguée à une fourniture considérable de combattants. Les richesses
naturelles et les ressources matérielles ont été, de surcroît, fortement impliquées lors du
Protectorat au Maroc, moyennant un arsenal juridique produit par les instances françaises.
De plus, le Royaume s’est engagé explicitement aux côtés des Alliés contre l’Allemagne
nazie, comme on peut le comprendre à travers le rappel de la lettre précitée : « Nous devons
13 Fissa [fisa] adv. Etymologie : 1909; utilisé par les soldats français en Afrique du Nord, av. 1870; arabe fəs-
sə‘ə « à l’heure même ». Cf. Le Grand Robert de la langue française; version électronique : 2.0 ; 2005.
14 Barda [barda] n. m. Etymologie. 1848, berdâa, Daumas; arabe maghrébin barda‘a « bât » et « selle ».
ć 2. Barde.
-Argot militaire. ( puis familier). L’équipement du soldat.
-Fam. Bagage, chargement encombrant. | Prenez tout votre barda.
le Grand Robert
15 -étymologie : 1844, Vidocq; arabe d’Algérie gum, arabe classique qəwm «troupe».
¨Anciennement : Contingent militaire fourni par une tribu, en Algérie.
- « Le goum est rassemblé devant la porte. Il y a là deux ou trois cents cavaliers groupés confusément autour
de l’étendard (…) » E. Fromentin, Un été dans le Sahara, p. 81.
-« (…) ces goums, ces contingents fournis sans délai par les tribus même qui luttaient contre nous hier, sont
aujourd’hui des alliés inappréciables dans notre œuvre de pacification (…) » L. H. Lyautey, Paroles d’action,
p. 390. Dérivé : Goumier.
16 Etymologie : répandu vers 1960; mot arabe, de harka (dial.), harakah «mouvement ». Harka Militaire indi-
gène d Afrique du Nord qui servait dans une milice supplétive Harka aux côté de Français Supplétif.

