Page 87 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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          jus de fruits, le thé, le café, etc. Les autorités françaises ordonnent également la fermeture
          temporaire des pâtisseries en 1943 .
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             De plus, l’effort de guerre de la France a soumis le secteur énergétique à une réglementa-
          tion extrêmement restrictive surtout au niveau de la consommation. Au sujet des carburants,
          le Résident général Noguès rappelle en 1939 : « durant les hostilités, [ils] ont la même
          valeur que la poudre et les munitions » ! Le régime de livraison d’essence et l’exportation
          du charbon ont constitué une priorité pour l’économie de la métropole au cours de la guerre
          39-45 . outre ces ressources naturelles, les biens industriels en termes de machines, tissus,
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          sacs de jute, carton, ferraille, cuir… ont été recensés en vue de leur réquisition.
             De même, il est plus que judicieux de mettre en lumière les multiples privations et sacri-
          fices consentis par la population marocaine en conséquence du déclenchement de la seconde
          Guerre Mondiale. L’effort de guerre du Maroc en faveur de la France et de la cause alliée
          ne se limitait pas uniquement aux réquisitions très importantes, aux restrictions de liberté de
          mouvement et aux contrôles incessants. Il faut souligner, de surcroît, les incidences fâcheuses
          d’un contexte militaire fort difficile, à plus forte raison entre juillet 1940 et novembre 1942.
             De telles circonstances de guerre ont lourdement grevé les échanges avec l’extérieur ;
          elles ont entraîné, par voie de conséquence, un sérieux problème en matière de ravitaillement
          surtout après la défaite de la France face à l’Allemagne nazie et l’armistice.
             Le vécu de la société marocaine en période de guerre 39-45 étant réduit à des réquisitions
          et des privations, le Protectorat français entreprend d’établir une mesure dérisoire de ration-
          nement fixe des populations quand la Résidence instaure un «carnet de ravitaillement» .
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          Instituées à partir de 1940, des cartes de consommation permettaient de subvenir à un mi-
          nimum de besoins vitaux en nourriture de base. Il s’agit de «aâm l’boun», littéralement : «
          l’année du bon » ; elle fut un épisode plus que macabre en ce sens que pour une poignée de
          blé, des Marocains misérables devaient défiler quotidiennement dans une queue intermina-
          ble. Chaque mois, le citoyen marocain avait droit en conformité avec les coupons numérotés
          de la carte individuelle à des quantités de produits se présentant comme suit : en janvier 1943,
          500 grammes de sucre, 250 grammes de café, 1/3 de litre d’huile de table, 250 grammes de
          savon.
             Quelques mois plus tôt, en juillet 1942, les Rbatis avaient reçu une ration mensuelle de
          230 grammes de farine et 5 grammes de sucre seulement, deux fois moins que le mois pré-
          cédent. Au cours du conflit ces distributions de denrées étaient sujettes à des fluctuations en
          fonction des stocks et des exigences de la France. « Ces baisses pouvaient aussi s’expliquer
          par le fait que la municipalité augmentait occasionnellement les rations à l’occasion des fêtes
          religieuses avant de les réduire par la suite », explique le professeur Boujemaâ Rouayane,
          un des chercheurs marocains qui se sont attachés à l’étude de cette période tumultueuse de

          18   Arrêté du 5 décembre 1943, extrait du Bulletin officiel du Protectorat français, relatif à la fermeture tempo-
              raire des pâtisseries au Maroc.
          19   Dahir du 13 septembre 1939, extrait du Bulletin officiel du Protectorat français, évoquant les restrictions
              liées à la consommation des hydrocarbures au Maroc
          20   Plusieurs articles ont été publié dans se sens, à savoir « le ravitaillement », publié par La Vigie Marocaine,
              du 11 février 1944, lié aux questions du ravitaillement de la population civile. Souci quotidien pour tous les
              habitants du Maroc à partir de septembre 1939. Ces difficultés de ravitaillement vont perdurer plusieurs mois
              encore après la fin de la guerre.
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