Page 91 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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L’impact poLitique
la 2 ème guerre mondiale est aussi un tournant pour la politique du Maroc. Le 7 novembre
1942, les forces américano- britanniques débarquent à Safi, Casablanca, Kenitra, Oran et
alger dans une intervention militaire baptisée Opération Torch. C’est une totale surprise, tant
pour le Sultan et les Marocains que pour les Français et le Résident général Henri Noguès.
Pendant quelques jours, un affrontement sanglant et douloureux va mettre aux prises forces
américaines et forces françaises sur le sol marocain.
Lors de ce débarquement, le sultan Sidi Mohammed Ben Youssef, passant outre à l’in-
jonction du Résident général, refuse de quitter Rabat pour Fès. Le 9 novembre, il invite
Noguès à cesser le combat, afin d’épargner une effusion de sang inutile, devant des forces
invincibles qui d’ailleurs viennent en amies. Fidèle à ses aspirations, le Sultan s’affirme ainsi
comme le représentant d’un peuple acquis à la cause des Alliés.
Il fait comprendre au Général Noguès, le 9 novembre, ce qui suit : «Le sang français et
le sang marocain des soldats et des populations civiles coulent. le Président Roosevelt et le
général Eisenhower ont proclamé que les forces alliées venaient en amies. Vous savez mieux
que moi, à présent, que ces forces sont invincibles. Il faut arrêter le combat. Souverain de
la nation marocaine, mon premier devoir est d’épargner son sang». le général Noguès est
convaincu par les paroles du Sultan. Le lendemain, 10 novembre, «l’amiral Darlan lui trans-
met un ordre de cessez le feu qu’il tient directement du maréchal Pétain».
En marge de la conférence d’Anfa, le sultan est reçu deux fois par Roosevelt. Des
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contacts secrets ont, d’ailleurs eu lieu, quelques semaines auparavant avec l’envoyé spécial
américain en Afrique du Nord, Robert Murphy. Une de ces entrevues se tient le 22 janvier,
lors d’un dîner officiel auquel assiste le jeune prince héritier, le futur Hassan II, en présence
de Churchill et de nombreuses personnalités. Fidèle à son engagement vis-à-vis de la Charte
de l’Atlantique, Roosevelt laisse alors clairement entendre à Sidi Mohammed ben Youssef
que le temps des colonies est parvenu à son terme et que les Américains sont prêts à aider le
Maroc, le moment venu.
Désormais, le nouveau contexte mondial, issu de la guerre, semble favorable aux courants
nationalistes, qui existent dans les empires coloniaux européens… Pour Sidi Mohammed ben
Youssef et le mouvement nationaliste de son pays, l’entrevue d’Anfa, le but de cette confé-
rence est la définition d’une stratégie commune contre les puissances de l’Axe sur tous les
fronts, ouvre donc de nouveaux horizons.
Au printemps 1943,quelques mois après la conférence d’Anfa, le sultan Mohammed ben
Youssef fit part au gouvernement provisoire d’Alger (CFLN présidé par De Gaulle et Gi-
raud) de son désir de déclarer la guerre aux puissances de l’Axe (Allemagne et Italie) Il reçut
une réponse négative de M. René Massigli commissaire (ministre) aux Affaires Etrangères.
L’autoriser à déclarer la guerre ou à conclure la paix eût été le considérer comme un chef
24 Début 1943, les propriétaires des luxueuses villas de la colline d’Anfa, à Casablanca, sont priés de quitter les
lieux ; le quartier, isolé, est transformé en camp retranché. Du 14 au 24 janvier 1943, s’y déroule une confé-
rence interalliée, avec Roosevelt et Churchill. Informés par les services secrets espagnols, les Allemands, qui
ont bombardé Casablanca, quinze jours auparavant, se laissent abuser par la traduction littérale du nom de
cette ville (Maison blanche), en croyant que cette rencontre se déroulerait à la Maison Blanche de Washing-
ton !

