Page 92 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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           d’Etat indépendant, ce qui revenait à abolir le protectorat.
              Un an plus tard, le 11 janvier 1944, le parti de l’Istiqlal présente au Sultan un texte inti-
           tulé en arabe « Wathiqat Al Istiqlal » : le Manifeste de l’Indépendance. Il « l’examine et en
           approuve les termes.
              Ce document comporte plusieurs revendications dont notamment : l’indépendance du
           Maroc et le rétablissement de son intégrité territoriale sous l’autorité de Sa Majesté le Sultan
           Sidi Mohammed Ben Youssef et la signature de conventions déterminant les intérêts légi-
           times des étrangers dans le cadre de la souveraineté marocaine. il estime que le régime du
           protectorat ne correspond plus aux réalités du monde moderne. Signé par 58 personnalités, le
           Manifeste de l’Indépendance est élaboré avec le soutien total du Sultan. Il est communiqué
           simultanément au Résident général de France au Maroc et aux représentants diplomatiques
           des Etats Unis et du Royaume-Uni. L’ambassadeur d’U.R.S.S. à Alger en reçoit également
           un exemplaire. Ainsi, les gouvernements des grands Etats du monde de l’époque (Les Allies)
           sont tenus informés du contenu du Manifeste.
              A l’intérieur du Maroc, le retentissement du Manifeste dans la population est immédiat.
           La réplique française se fait entendre vigoureusement : le 18 janvier 1944, « le Résident
           général, M Puaux rencontre le Sultan dans son Palais et l’informe qu’il vient de recevoir des
           instructions du Comite Français de Libération Nationale l’invitant à couper tout contact et
           communication visant le changement du régime de protectorat en place» Et Puaux d’ajouter
           «le gouvernement français n’admettra aucune discussion à ce sujet. Il appartient à la France
           de proposer les reformes qu’elle jugerait utiles d’introduire au Maroc ».
              Les nationalistes marocains, jusque là modérés dans leurs revendications, réclament l’in-
           dépendance du Maroc dès le 11 janvier 1944, dans le Manifeste du Parti de l’Istiqlal  on
                                                                                   25.
           peut dater de janvier 1944 le discrédit total du protectorat, non seulement au Maroc, mais
           dans tout le monde arabe. Il apparut aux esprits avertis que l’initiative de la Résidence n’avait
           abouti qu’à un flagrant échec .
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              Pour autant, l’attitude du sultan et du Maroc à l’égard de la France reste la même jusqu’à
           la fin du conflit : un loyalisme indéfectible et un soutien absolu à l’effort de guerre !
              En effet, en témoignage de reconnaissance et sur invitation du général De Gaulle, le Roi
           Mohammed V se rend en France Ie 18 juin 1945 pour participer aux festivités de la victoire.
           Le chef de la France libre fait de Lui un «Compagnon de la Libération» en épinglant sur sa
           poitrine la «Croix de la Libération» lors «d’une cérémonie à la fois simple et émouvante ». Il
           est le seul chef d’Etat africain, asiatique et arabe à recevoir cette haute distinction française
              Par ailleurs, le sens de l’indépendance était mêlé à la libération, nombreux sont ainsi les
           Français qui, à l’accueil du Sultan, chantaient la libération et réclamaient l’indépendance
           pour le Maroc.
              Par conséquent, ceci a procuré pour le Sultan une place si distinguée au sein de la com-
           munauté internationale et a consolidé les multiples raisons de la revendication de l’indé-


           25   Sidi Mohammed ben Youssef a présenté, le 11 janvier, le Manifeste de l’indépendance au résident général et
               aux représentations diplomatiques des Etats Unis et de Grande Bretagne. Ce document, rédigé par un groupe
               de nationalistes, sous la supervision directe de Sa Majesté le Sultan Sidi Mohammed ben Youssef, porte
               essentiellement sur la revendication de l’indépendance totale et la reconstruction du Maroc indépendant.
           26   Charles André Julien, Le Maroc face aux impérialismes 1415 – 1956, p.192.
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