Page 86 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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588 XXXIV Congresso della CommIssIone InternazIonale dI storIa mIlItare • CIHm
apporter à la France un concours sans réserve, ne lui marchandez aucune de nos ressources
et ne reculez devant aucun sacrifice ». Cette décision a été même partagée par les leaders du
mouvement national exilés à l’époque.
En effet, dès 1939, la France décide de «contribuer financièrement à l’effort de la défense
nationale». ainsi, des sommes considérables provenant de la hausse des recettes fiscales
préexistantes et la création de nouveaux impôts ont été mobilisées selon deux tranches : 15
millions de francs puis 30 millions pour chacune des années suivantes. En outre, le concours
apporté par le Maroc consistait à mettre en chantier plusieurs campagnes de solidarité qui
associaient les populations marocaine et française. «La Fraternité de guerre», organisme ma-
rocain venant en aide aux soldats mobilisés dans les unités marocaines de l’armée d’Afrique,
«l’Association des Femmes de Prisonniers et Déportés du Maroc», «La Croix Rouge fran-
çaise» et autres en sont des exemples majeurs.
Outre le soutien financier, le Maroc déploie d’autres réels efforts dans le domaine écono-
mique. Dans le secteur agricole, le développement de la culture des oléagineux, du coton et
l’accroissement de la production des céréales sont mis en œuvre dans un plan de production
afin de subvenir aux besoins accrus de la métropole.
Par ailleurs, le domaine minier fournit d’importantes ressources minérales ; le manga-
nèse, le plomb, le fer, le zinc, l’étain, le cobalt, le molybdène procurent un immense encaisse-
ment de fonds et de considérables rentrées de devises à l’Etat français grâce aux phosphates.
a l’échelle industrielle, le soutien des entreprises a été une valeur ajoutée dans le ravitaille-
ment de la France en guerre.
Encore est-il à souligner que la main-d’œuvre marocaine a été un contingent énorme
tant au niveau local qu’en France, ainsi qu’en algérie, alors colonie divisée en départements
français. Ainsi, 12000 ouvriers sont appelés pour répondre aux besoins des activités écono-
miques de la métropole ; 24.000 citoyens marocains ont été accueillis en Algérie notamment
en qualité de travailleurs agricoles saisonniers. La presse écrite fut même impressionnée par
les motivations étrangement logiques au service de l’effort de guerre : « Des hommes par
milliers, des bateaux pleins de vivres. Voilà ce que donne le Maroc à la France » . en outre,
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il ne faut pas omettre de rappeler les efforts déployés en plus par la main-d’œuvre locale,
notamment à partir de 1943. Ces ouvriers exerçant un métier manuel ou un travail mécani-
que moyennant un salaire de misère étaient embauchés sans trêve ni relâche ; les journaliers
étaient contraints d’accepter des durées de travail plus longues et se retrouvaient parfois
privés du repos hebdomadaire.
Il est indéniable que la contribution économique du Maroc à l’effort de guerre en France
est attestée à maints égards. Il importe néanmoins de mettre l’accent sur les incidences plu-
rielles sur la population civile marocaine lors de ce conflit mondial. En effet, d’énormes
réquisitions ont été effectuées par la métropole. Dès 1939, les produits alimentaires de base
indispensables à l’approvisionnement de la France en guerre sont l’objet de sérieux impéra-
tifs de réglementation en ce sens que producteurs, vendeurs ou propriétaires sont soumis à
d’innombrables mesures de restriction. le recensement, la déclaration des stocks, la circula-
tion limitée et contrôlée et l’interdiction de l’exportation en sont une illustration très signifi-
cative. Sont ainsi réquisitionnés la viande, les produits laitiers, les céréales, les légumes, les
17 le journal de La Petite Gironde au début des années 1940

