Page 83 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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être qualifié de proprement politique. Ce serait plutôt une tendance discriminatoire, un acte
de barbarie et une guerre inhumaine. Plusieurs mesures antisémites ont été prises sous le ré-
gime de Vichy . le Protectorat met ainsi en place la législation discriminatoire promulguée
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par l’Etat français, en 1940 et 1941, qui limite l’accès des Juifs marocains aux établissements
d’enseignement, les exclut de la fonction publique et les écarte de secteurs majeurs des acti-
vités économiques.
Le Sultan se trouve ainsi confronté à deux interrogations problématiques : comment pour-
rait-il honorer son engagement envers la France ? Et comment ferait-il face à la politique de
Vichy qui vise à nuire à la communauté judaïque en général, et aux sujets juifs marocains
protégés par le Sultan.
Quant à sa condamnation des tendances discriminatoires, le Sultan déclare dans son dis-
cours à l’occasion de la fête du Trône, en 1941 : « Je n’approuve nullement les nouvelles lois
antisémites […] Comme par le passé, les Israélites restent sous ma protection et je refuse
qu’aucune distinction soit faite entre mes sujets ». la communauté juive marocaine est
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ainsi épargnée. Les clauses de l’armistice du 22 juin 1940 accordent à la France une présence
militaire dans ses colonies et protectorats afin d’y assurer le maintien de l’ordre, mais sous
le contrôle des commissions d’armistice allemande et italienne. A partir de ces forces aux
effectifs réduits, une armée dite « de transition » pourra ainsi se reconstituer en vue de pré-
parer la revanche.
Dans ce sens, les Etats Unis acceptent à partir de 1941, en application des accords Weygand-
Murphy, d’assurer l’approvisionnement de l’Afrique du Nord en denrées de première néces-
sité. La coopération américaine intervient afin de limiter la dépendance par rapport à l’Alle-
magne nazie. Toutefois, le soutien des Etats Unis ne saurait empêcher la pénurie de sévir au
Maroc, surtout dans les grands centres urbains. Les Américains tentaient plutôt d’atténuer les
affres que traversait la communauté juive du Maroc sous la législation de Vichy.
Il faudra donc attendre 1943 pour que tous les élèves juifs retrouvent leurs classes et
leurs camarades . Aucun Juif au Maroc n’est cependant arrêté ou déporté durant la période
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de Vichy. Si les israélites du Maroc ont ainsi pu éviter le triste sort des Juifs d’Europe, ils
le doivent à la protection du sultan Sidi Mohammed ben Youssef et aux aménagements à la
politique antisémite, qu’ont dû lui concéder les autorités du Protectorat.
Somme toute, l’impact social ainsi examiné nous invite à interroger une autre composante
indissociable, à savoir l’impact culturel et sociolinguistique.
impacts cuLtureLs et socioLinguistiques :
Dans le domaine culturel, nous voyons deux civilisations différentes conjuguer leurs ef-
forts au service de la défense d’un même idéal. Cette guerre a laissé derrière elle une histoire
partagée et un patrimoine commun d’une grande richesse. D’une part insignes, fanions, uni-
8 Dahir du 5 août 1941,, relatif aux mesures discriminatoires contre les Juifs au Maroc, sous le gouvernement
de Vichy.
9 Cette sensationnelle déclaration a été vivement commentée par toute la population française et indigène.
Archives du Quai d’Orsay, Coupure d’une dépêche d’agence de presse jointe à un rapport daté du 21 mai
1941..
10 Dahir du 31 mars 1943, dans le Bulletin officiel du Protectorat français, abrogeant les mesures discrimina-
toires contre les Juifs au Maroc, prises à l’époque de Vichy.

