Page 61 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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tutif de ce que l’on appelera plus tard le phénomème de sous développement, en accélérant
la cadence de la première et en entravant la seconde. La responsabilité de l’extension du
secteur informel, en relation avec le renforcement de l’exode rural, peut être aussi en partie
imputable aux incidences des guerres.
Nous pouvons ainsi conclure que les deux guerres mondiales ont profondément affecté
les populations civiles à tous les niveaux . Les pertes sur le plan démographique ont eu des
incidences particulièrement importantes. Elles sont suffisamment fortes dans les pays sous
domination coloniale, pour renforcer les ressentiments à l’encontre d’un colonialisme qui,
non seulement les implique dans des conflits sanglants, mais aggrave aussi les difficultés
économiques et sociales et les inégalités. Celle devant la mort transparait pour les civils en
Tunisie notamment à travers le fait que le service militaire était de trois ans pour les Tuni-
siens et de 18 mois seulement pour les Français.
Malgré l’importance des pertes humaines autochtones la croissance démographique à
long et même à moyen terme n’a pas été entravée. Ce qui explique une accentuation de la
dégradation des conditions de vie des tunisiens, par l’alourdissement des charges sociales.
l’accélération de la croissance naturelle génère aussi un rajeunissement de la population
pourvoyeur d’une vitalité et d’une combativité qu’on essaie de retourner contre la puissance
coloniale.
il importe aussi d’en déduire que les répercussions démographiques des guerres semblent
avoir contribué, avec celles de la crise des années trente, à un certain nombre de déséquilibres
structurels qui ne cesseront de marquer les économies des pays colonisés après la décoloni-
sation politique. Le cas tunisien est loin d’être le seul, il est largement confirmé par d’autres
exemples.

