Page 275 - Il Mediterraneo quale elemento del Potere Marittimo - Atti 16-18 settembre 1996
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      L'IMPORTANCE  DE  LA  MÉDITERRANÉE  POUR LE  RAVlTAILLEMENT  DE  LA  SUISSE

      Grande-Bretagne.  En effet un privilège  reconnu en droit maritime international,
      permettait à un Etat belligérant de réquistionner les batiments d'un pays ayant perdu
      sa  neutralité.  Autre difficulté surgie:  le  blocus anglais qui  interdisait aux navires
      grecs de pénétrer en Méditerranée, bien que désormais ils  arborassent le  pavillon
      helvétique. Il fallait, par l'utilisation de bateaux portugais ou espagnols, organiser
      la  navette des  marchandises,  de  Lisbonne  ou  de  Porto vers  Marseille  ou Genes.
      Complication considérable camme on l'immagine. D'où la  décision des  autorités
      fédérales de créer une marine marchande suisse de 11  navires dont 4 appartenaient
      à  la  Confédération  elle-meme,  et  7  à  des  compagnies  suisses  privées.
           Les  belligérants soumettaient le  trafic maricime neutre à toutes sortes de  re-
      strictions.  Il étaic interdit aux bateaux de pénétrer dans un port ou de le quitter,
      entre le coucher et le lever du soleil.  Le  navite neutre;  pour ses transports, devait
      bénéficier de plusieurs permis, le "Navicert" anglais, le "Chipwarant" des autori-
      tés du blocus allié, le  "Geleitschein" délivré par le gouvernement allemand, enfin
      bien siìr, l'autorisation italienne.  Les  belligérants se  réservaient le  droit d'arreter,
      d'inspecter, voire de séquestrer les  navires  au cas  où  ceux-ci  auraient transporté
      "une contrebande de  guerre",  la  définition  de  ce  terme  demeurant souvent  peu
      précise. Les  belligérants en outre se  réservaient le droit de couler les  navires dont
      il était prouvé qu'ils avaient à  bord des  ressortissants  de l'autre camp  ou qu'on
      avait surpris  naviguant  sous  escorte d'un batiment arborant pavillon  ennemi.
           Conc~rnan~ la navigation des baceaux affrécés par la Croix-Rouge, il conviene
      de distinger ceux au service des sections nationales, et ceux recenus par le Comicé
      incernational.  Au  cours  des  six  années  de guerre,  la  flotte  de  ce  dernier compra
      une  quarantaine de  navires  qui  transportèrent 470 000 tonnes  de  secours,  vete-
      ments, aliments, produits pharmaceutiques, courrier. Ne pouvaient etre utilisés que
      des batiments de pays demeurés neutres, battane toujours la  croix rouge sur fond
      blanc. On compte au service de la Croix-Rouge internationale, dix vaisseaux por-
      tugais, 12 espagnols, 16 suédois, 2 tures, 6 suisses,  l  grec. En raison des hoscilités,
      les routes maritimes étaient longues, dangereuses, parsemées d' obstacles ou de dé-
      tours. Il n'est pas sans intéret de relever que la Suisse a toujours distingué en Médi-
      terranée les  ports d'attache mis  à sa  disposition, Genes  pour le  ravitaillement et
      le commerce du pays, essentiellement Marseille ou Toulon pour le Comité interna-
      donai de  la  Croix-Rouge.
           La  densité du crafic maritime en Méditerranée est liée aux différentes phases
      de la guerre.  Fréquente lors  de la  non-belligérance  de  l'ltalie,  elle  subir bien  sur
      le contre-coup de son entrée en guerre. Il  y a crise aussi lors des affrontements en
      Afrique du Nord. Enfin, l'invasion de la  Péninsule en  1943, entra!ne un très forc
      ralentissement, de meme que le débarquement allié dans le sud de la France. Mais
      il est intéressant de constater qu'aux époques les  plus difficiles,  la  navigation des
      bateaux  neutres,  que ce  soit en  faveur  du ravicaillement de la  Suisse  ou pour les
      besoins  de la  Croix-Rouge,  ne  s'est jamais  entièrement arretée.
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