Page 273 - Il Mediterraneo quale elemento del Potere Marittimo - Atti 16-18 settembre 1996
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      L'IMPORTANCE  DE  LA  MÉDITERRANÉE  POUR LE  RAVITAILLEMENT  DE  LA  SUISSE

          L'ltalie, à la veille de la guerre, était pour la Suisse une cles trois grandes puis-
      sances voisines. Entre les deux pays, les rapports étaient importants, suivis, nuan-
      cés.  Importants et suivis  au pian de l'histoire et de la  parenté ethnique entre la
      Suisse it:alienne et la Péninsule. Au XIXe siècle, le mouvement liberai de Mazzini,
      d'ailleurs réfugié, bénéficiait d'une large approbation officielle et populaire et les
      efforts cles  patriotes italiens pour unifier leur pays, rencontraient au nord cles  Al-
      pes un écho  certain.  Mais  depuis l'avènement du fascisme,  les  rapports s'étaient
      compliqués. D'abord parce que se dessinait une menace, à la  fois  vague et persi-
      stant ce d'une possible ennexion du Tessin, surtout dès l'instant où le régime dicta-
      torial se révélait en contradiction grave avec les institutions démocratiques. Mussolini
      lui-meme était une personnalité discutée, combattue par les partis de gauche, plus
      ou moins toléré par une minorité de la bourgeoisie qui voulait reconnaitre en lui
      un ami de la Suisse dans laquelle il avait travaillé, un homme d'Etat qui avait sauvé
      son pays du péril rouge, un éventuel allié face au danger allemand. C'est pourquoi
      la Suisse officielle, au cours de la guerre d'Ethiopie, se berna à appliquer modéré-
      ment d'ailleurs  des  sanctions  économiques  décidées  par la  Société  des  Nacions.
           Le  Duce lui-meme - c'est ce  qui  appara1t dans  la  documentation originale
      -s'est cantonné dans une attitude ambigue, parsemée de propos contradictoires.
      On peut, en simplifiant quelque peu, distinguer l'époque d'avant-guerre où le ton
      apparait plus serein, de celle des hostilités où il se durcit. Ce qui demeure indénia-
      ble, c'est que le haut commandement de l'armée italienne a préparé cles plans d'in-
      vasion  et d'annexion  partielle  de  la  Suisse,  qui  aurait accompagné une  possible
      agression allemande. Irréfutable aussi la constatation que Mussolini lors de ses en-
      tretiens avec Hitler, a toujours partagé les opinions du Fuhrer concernant la Con-
      fédération.
           Pour la  Suisse,  le  fait  que l'ltalie  ne  soit entrée en  guerre qu'en juin  1940,
      allait se  révéler d'importance essentielle.  Au pian du commerce extérieur comme
      à celui du ravitaillement. Dès avant le  début cles  hostilités, les  autorités fédérales
      avaient préparé la mise sur pied d'une économie de guerre, portant sur les échan-
      ges avec l'étranger et les  besoins de la  consommation interne. En  1938, pour un
      revenu national d'environ 9  milliards de francs,  le  commerce extérieur représen-
      tait un tiers de la somme, dont 1,8 milliard pour l'exportation et 1,6 milliard pour
      l'importation. Dans ces  chiffres, un peu moins d'un cinquième concernait l'Alle-
      magne, un peu moins d'un dizième l'ltalie, le  reste, clone le 70%, les  autres pays
      d'Europe  et les  pays  d'outre-mer.
           Dans les relations économiques entre l'ltalie et la Suisse, il faut distinguer ce
      qui relève de la production interne cles deux pays de ce qui transite parla Péninsu-
      le,  après  avoir  franchi  la  Méditerranée.  En  rapport avec  le  thème général de  ce
      colloque, c'est le  second voler de ces  échanges qui do i t retenir n otre attenti o n.  A
      première vue,  l'ltalie n'avait pas d'intéret essentiel à favoriser le trafic en transit
      de produits et de biens à destination de la Suisse et venus d'outremer, ou vice ver-
      sa, hormis le prélèvemènt d'un péage et d'une finance de transport. En revanche,
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