Page 271 - Il Mediterraneo quale elemento del Potere Marittimo - Atti 16-18 settembre 1996
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L'IMPORTANCE DE LA MÉDITERRANÉE
POUR LE RA VITAILLEMENT DE LA SUISSE ET DE LA CROIX-ROUGE
PENDANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE
LOUIS·EDOUARD ROULET
Le sujet que j'ai l'honneur et l'avantage de traiter au sein de ce colloque revet
certains aspects insolites. Essentiellement pour deux raisons. D'abord parce qu'il
est à sa manière inédit. En effet, parmi les très nombreuses études consacrées à
la Confédération helvétique pendant la seconde guerre mondiale, il n'en est prati-
quement qu'une qui s'intéresse, du moins à norre connaissance, à l'imponance com-
merciale de la Méditerranée. S'ajoute à cette lacune, le fait que les questions relatives
à l'activité de la Croix-Rouge sont généralement centrées sur l'aide apportée aux
prisonniers de guerre, non point sur les difficultés rencontrées lorsqu'il s'agissait
de requeillir, de rassembler, et surtout de transporter les matériaux indispensables.
Il convient, en peu de mots, de rappeler les spécificités du cas suisse, au cours
du conflit. Comme on le sait, le pays se proclama neutre. Il ne fut pas le seui car
- on l'oublie généralement- une quinzaine d'autres Etats européens firent de me-
me. Etats que l'o n peut classer en deux groupes, ceux qui virent leur indépendance
violée et bafouée, comme la Belgique, Ies Pays-Bas, les Etats Baltes, ou de l'Europe
des Balkans, ou, deuxième catégorie, comme l'Espagne, le Portugal et la Suède qui,
par l' envoi de division sur le front soviétique, la cessi o n de bases de soutien logisti-
que, ou encore l'octroi d'un droit de passage à des troupes belligérantes, bon gré,
mal gré, enfreignirent gravement les dispositions de la neutralité militaire. Sur ce
pian précis, seules la Suisse et l'Irlande respectèrent Ies engagements du droit des gens.
· Autre spécificité helvé~ique: l' absence de tout accès à la mer. Ava n t le déclen-
chement des hostilités, la Confédération partageait cette singularité avec la Tchéco-
slovaquie et la Hongrie. Le fait que ces deux pays soient tombés sous domination
allemande, réduisait à une seule exception le cas suisse.
L'absence de tout accès à la mer entra1ne pour un pays cles difficultés considé-
rables, dès l' instant où il est fortement industrialisé, do ne dépendant du commerce
extérieur, et qu'il ne se suffit plus à lui-meme au pian de son ravitaillement alimen-
taire. Cette double servitude affectait la Confédération à l'heure de l'ouverture du
conflit. Exportant cles produits manufaccurés, machines, outils, montres, livraisons
pharmaceutiques, elle ne disposait point de matières premières essentielles, telles
que charbon, fer, pétrole, qu 'elle devait importer. Qua n t à la production agricole
indigène, elle ne couvrait que pour six mois les besoins de la population.

