Page 323 - 1992 - XVIII Congresso Internazionale di Storia Militare
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1918, GESTION D'UNE VJCTOIRE SOUS lNFLUENCE AMERlCAINE
JEAN·MARC MARILL
Après plus de crois longues années de guerre où !es états·majors des puissances
belligéranres se som heunés à. d'insolubles difficulrés pour échapper à l'enlisement
sur le fronc occidemal, 1918 apparait comme un rournanr décisif depuis le désastre
de Caporrno ec la défection de la Russie en p1ei.ne révolurion. L'arrivée sur le champ
de bataille des divisions américaines donr l'inscruccion, l'équipemem et l'incégracion
sur le front occidencal sonc, en grande partie, à la charge de rarmée française conrre-
balancem à terme ces lourdes hypothèques pour l'avenir immédiac de I'Emente.
Le général Pérain s'arrend, en effec, à one redourable offensive allemande sur
le from occideoral dès le début du priruemps er il reme de convaincre les Briran.ni·
ques d'adoprer une srrarégie défensive pour résisrer au choc ennerni. Pour le haur-
commaodemem françaìs. il fam évher la rupmre du froor en créanr de puissanres
réserves capables d'endiguer uoe percée allemande en inscauranr une direccion unique
pour !es armées alliées engagées en France er en imégram au plus tòt les unirés
américaines dans les secreuis calmes pour résoudre la grave crise des effecrifs qu.e
craversenr !es forces alliées. Le général Pérain cenre également de préservcr la pri·
mauré de l'armée française sur le front occidenra~ menacée à terme par l'accroisse·
menr des forces américaines en Europe, car il saic que pour défendre la posirion
de la France lors des négociacions de paix, l'armée doir e tre "forre et glorieuse".
ll ne croir pas cependanc, conrrairemenr au génécaJ Foch. qu"il soie possibie de mener
une offensive vicrorieuse en 1918. Après l'arrèr définirif des arraques allemandes,
en 1919, ave< l'aide des c.hars er d'une puissanre a rmée amécicaine, l"ar~mée fr-an·
çaise ménera la grande offensive finale.
Mais, malgré les lourdes menaces que faic planer l'aetaque allemande, l"a.oalyse
srracégique des Briranniques et les ambitions diplomaciques américaines s'oppo·
senc sensiblemenc à la thèse française. U faudra acrendre !es sombres journées de
la fin mars 1918, pour que sous la pression des événements les concepcions fran·
çaises s'imposenc en partie à I'Enrenre.
En effet, l.es Anglais pe115enc encore en ce debut d"année erre en mesure de
remporrer la victoire dans les Flandrcs malgré l'apreré des combats de Passchen·
da el, randis que le présidem Wilson et ses principaux coiJaborateurs veuiem profi·
rer de l'érac d'épuisemenr dans lequd se crouvenr les a.rmées françaiscs et brimnniques
pour diaer une pax americana.

