Page 328 - 1992 - XVIII Congresso Internazionale di Storia Militare
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ncr à croire que, à bouc de ressources. nous anendons le soldat de ce pays. Rien
ne sera i c plus malencontreux quc de uéer chez le gouvernemenr américuin l'impres·
sion que, pressés par le b~oin, nous voulons lui forcer la ma in. Au lieu dc le pres·
ser, ce serair le rerenir .. m.
Malgré le succès de la mission du maréchal ]offre aux ctacs·Unis qui déclen·
che un emhousiasme réel dans la popularion et qui prépare utilemem la coopéra·
cion militaire enrre les deux puissances, le fossé stracégique enrre les concepcions
françaises et américaines ceste béant. La France acrend avanr cout cles Etacs-Unis
du marériel et des fanrassins qu'elle voudrait aroalgamer à l'armée française pour
conjurer la crise cles effeccifs. Les Américains refusem obHinémenr tout ama1game
mais sont incapables de fournir des matériels modernes de guecce donr ils ne con·
naissem rien. Ainsi, ce sera à la France d'équiper l'acmée amécicaine en cours de
constirucion. L'Amérique en assutera le fìnancemenr et fournira l'essentiel cles mariè-
res premières.
Le cours de la guerre, les réalirés milicaires du front occidental, l'inexperìence
américaine de la guerre moderne, l'équipemenc e n matériels majeurs er l'insrruction
du corps expédirionnaire par la France, atténueronr par la suire cecce dichoromie.
Du reve à la réaliré
Malgré une volonré faroucbe d'indépendaoce d~ Américains, l'absence de maré-
riels modernes, la faiblesse des effeccifs de l'armée de terre, l'ine-xpérience cles cadres
imposent une cercaine ruteUe de la France sue la formation, l'inscruction, l'équipe-
mem ec La parciciparion à la baraille des dìvisions américaines. En effer, l'armée
de terre américaine ne dispose, en remps de paix, q~~ de 7000 officiers d'accive
et 8000 de réserve alors qu'en novembre 1918, cile comprera 180000 o'fficiers dans
ses rangs t8)_ L'armée américaine ne posséde pratiquemenc pas de marérìel de guerre
moderne. Ainsi, son aviarion, au momenc de La déclararion de guerre n'est consti-
cuée que de rreize avions donr huit avaienr éré engagés penda m la coune campagne
du Mexique, mndis que le général Pershing commandera pour le corps expédirion·
n aire 5000 avions donr 4!46 serom Jivrés parla France. L'arrillerie est égalernem
à moderniser, et ce fardeau incombera principalement à l'industrie française et cer·
tains hommes politiques français, camme Abel Ferry, n'hésiterom pas à écrire: "En
75. en 155 coun, en 155 long, en mirrailleuses, les divisions amédcaines seront
dotées des meilleurs matériels et nous démunissons largemenc !es rroupes françaJ-
ses insuffisammem armées au profìr de nos nouveaux alliés"19). L'industrie fran-
çaise fournir, en effet. 100% des canons de 75 et de 155,5 7% des pièces d'artillerie
lourde, 100% des chars, 81 % des avions, et 90% des obusOOl.
Malgré ses velléités d'indépendance, l'équipernenr de l'armée américaine se
fai t sous l'égide française malgré de nombreux retards dans les livraisons en madè-
res premières, engendrés parla crisedes transporrs mar:itimes. Malgcé leurs à priori,
les généraux du corps expéditionnaire doivenr accepter la eu celle rechnique et cacci·

