Page 324 - 1992 - XVIII Congresso Internazionale di Storia Militare
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290                                              JEAN·MARC  ,\1ARJLL
           1918:  Année cruciale
              L'écroulement du front orientai et le recrair de la guerre de la  Russie pecmet·
           tem à court terme un renforcemenr impottant de la. masse de manoeuvre allemande
          que le commaodement français évalue pour le prinremps à une cemaine de divi·
          sions  donr  une  quarancaine  arrivenr de  Russie  er  à  1000  barcerit'5  d'anillerie
           lourde< l).  En avril  1918,  le général Luddendorf dispose dc  207 divisions  pour
           mener ses offensives. Le général Pécain s'artcnd à  une baraiUe,  principalemenr en
          Champagne ou  peur-écre en  Lorraine,  voirc en Flandres.
              Pour fai re fa ce au risque de rupmre du front occidental, le hauc-commandemenr
           français teme d'obrenir du maréchal  Haig une excensioo  du front bricannique ce
          qu.i  pennerrraic de récupérer six divìsions françaises d'infanrerie qui viendraienc
           renforcer Ics forces dc réscrve. Lt'5 FrançJliS voudraient, en effer, une plus jusce répar-
           rition  de5  secreurs  respecrifs. 11  exisc.e  une division brirannique pour  2,2 km de
          front contre 5,5 pour une division française. Mais !es Bricannìques, jusqu'à l'échec
          de lcu.r offensive de Cambrai, aoiem encore pouvoir conse.rvcr l'initiative strarégi·
          que. Le  maréchal Haig escimc,  en  novembre  1917, que le rransfen des divisions
          allemandes du fronc  russe en France,  n'e5tpas un danger immédiat et que le seui
          moyen efficace d'empècher la défecrion de la Russie esr de conrinuer une strarégie
          offcnsive<Z>. Mais, après J'éd1ec de la bacaille de Cambrai, Ics Briranniques qui onc
          déjà supporré de lourdes perces hu.maines dans lt'5 flandres, veulem évirer une exrcn-
          sion de leur secreur er révisenr leur sttatégie. Les  Aoglais rraversenc, en effec,  une
           période difficile. Les dìvisions n'om pas leurs effecrifs céglemcmaires et !es renfom
          affecrés  sur le front français som inférieu.rs  aux pettt'5.
              Mais, de son coré, l'armée f.rançaise traverse égalcmenr une crise des effecrifs
           forr inquiécante depuis la seconde moirié de l'année 1917. En e.ffec, d'après les cal·
          culs de L'érar-major du. géoéral en chef. les armées françaises pou.r conserver la capacité
          de com bar dc leu.r i.nfamerie qui représenre 986000 homme.s au ler décemhre 1917
          er accrolrre sensiblemem leu.r aviaci.on er leur arci.J..Ierie devraienr reccvoir plus d'un
          million d'hommes alors que les ressources ne per:rnerrem de comprer que sur 750000
          soldats  tirés  de l'imérieur.  Ces  prévisions soot écablies sur les  données de 1917
          cr elles s'avèrenr bienror rrop oprimistes par  rapporr à  la  ressource effective.  En
          1918, !es perres consécurives aux offensivt'5 allemandes risquenc d'imposer une pone·
          cion  humaine  plus dramarique encore que Ics  920000 hommcs  prévus m_ Certe
          crise des e.ffecrifs  a  déjà  cnrrain~ la  suppccssion dc dcu.x  di.visions  d'infaocerie à
          la fin  de l'année 1917 er il est Ìt craindre, commc l'affìrrne le général Pétatn à  la
          confércnce de Compiègne le  24 janvier 1918, que 25 divisions supplémemairt'5
          seront dissoutes emre le  ler avril «  le le.r  octobre  l918,  voirc davancage  en cas
          de grandes barailles.  Ainsi,  pour mainreni.r  le potemiel de combat des  divisions
           françaises  en  1918,  il faudrair suppcimcr une division par semaine. l'infanrerie
          a, en omre, déjà perdu 55 bacaillons enrre le ler seprembre cc le ler décembre 1917
          en camenam dans tomes !es divisions d'infanrerie le oombre de bataillons à 9  au
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