Page 591 - Le Operazioni Interforze e Multinazionali nella Storia Militare - ACTA Tomo I
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du roi Léopold II de Belgique. Après le congrès de Berlin (1885-1884), l’immense ter-
ritoire octroyé à Léopold II est dénommé Etat Indépendant du Congo (EIC). Le Congo
léopoldien, considéré comme « le temps des exterminations » fut tenu d’une main de
fer (travail forcé, traite des esclaves, corvées, brutalité inouïe, exécutions sommaires) au
point d’attirer l’attention d’une opinion internationale de plus en plus sensible au sort
cruel réservé aux indigènes. En 1903 et 1904, les récriminations du Rapport Casement
et de la Commission d’enquête, confirmées par les commissaires de l’enquête de 1905,
s’indignent devant le système léopoldien (mains coupées, exécutions sommaires, pires
formes de travail, etc.) poussent le roi à se démettre et à transmettre le Congo à l’Etat
belge.
Après la seconde guerre mondiale, soufflent des « vents nouveaux » qui allaient être
décisifs sur l’avenir du colonialisme (guerre en Indochine, essor des mouvements anti-
colonialistes). Si, dans les empires français et britanniques, les puissances coloniales,
préoccupées par les mouvements sociaux et nationalistes essaient d’anticiper (création
de l’union française en 1946 dans l’empire français), le rythme, dans les colonies belges,
particulièrement au Congo, semble beaucoup plus timide.
C’est à partir des années 1950 que l’opposition se politisa. Après la deuxième guerre
mondiale, l’exode rural consécutif à l’industrialisation du pays fit émerger brutalement
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« les masses urbaines prolétarisées dans le champ politique » . Cette irruption va accé-
lérer le processus d’émancipation alors que la métropole, sclérosée, semblait incapable
de lire le sens et le cours de l’histoire. En effet, dès 1956, parut le Manifeste de la
Conscience africaine initié par un groupe d’évoluées réclamant l’indépendance. Dix ans
après la création de l’Union française, le professeur Van Bilsen publia un Plan de trente
ans pour l’émancipation politique pour l’Afrique belge qui préconisait l’émancipation
progressive du Congo sur une période de 30 ans (1985). Au livre de Van Bilsen qui fit
scandale en Belgique (l’opinion était radicalement opposée à l’indépendance), répondit
le Manifeste de l’ABAKO de Kasa-Vubu plutôt favorable à l’indépendance immédiate.
Mais les événements (émeutes, soulèvements, grèves, etc.), signes annonciateurs du cré-
puscule du colonialisme, allaient pousser l’administration belge à précipiter sa colonie
vers l’indépendance.
Aux rassemblements anticoloniaux et les soulèvements à l’orée de 1959, répond une
répression d’une brutalité inouïe de la Force Publique occasionnant des centaines de
morts. Au décours de 1959, l’arrestation et l’emprisonnement de Patrice Lumumba, lea-
der du Mouvement National Congolais, les émeutes et confrontations sanglantes ins-
tallent le pays dans un chaos prérévolutionnaire notamment dans la province de Léo-
poldville dominée par KasaVubu (Abako) et Giizenga (PSA). Dépassée par les événe-
ments, la Belgique convoque le mouvement anticolonial le 27 janvier 1960 autour d’une
Table Ronde, libère Lumumba et cède sur la question de l’indépendance envisagée le
30 juin.
Avant même la proclamation de l’indépendance, après les élections remportées par le
MNC de Lumumba, le Parlement belge modifie la Loi fondamentale provisoire, brèche
8 Mobe Fansiama A, « La question de l’armée et au Congo au Congo démocratique», Les Congos dans la
tourmente, Rupture-Solidarité, Paris, Karthala, 2000, pp.31-6, p.35.

