Page 596 - Le Operazioni Interforze e Multinazionali nella Storia Militare - ACTA Tomo I
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596 XXXIX Congresso della CommIssIone InternazIonale dI storIa mIlItare • CIHm
contexte, des moins reluisants, allait dissuader le commandant Quinlan de toute initia-
tive offensive malgré l’édification, pour parer à toute éventualité, de tranchées autour
des maisons occupées autour de la route Jadotville – Élisabethville par les 155 soldats
Irlandais contrairement à l’unité suédoise.
Appréciant la situation favorable, les troupes katangaises déclenchent des opérations
avec des tirs nourris d’obus de mortier sur le bataillon Irlandais qui fut isolé par la cou-
pure de son approvisionnement en eau et électricité et éloigné du commandement cen-
tral. Pris en tenaille par l’armée katangaise, les soldats de l’ONU sont mitraillés et bom-
bardés par le Fouga Magister de l’aviation katangaise. Dépourvues de flotte aérienne
militaire au Katanga, les unités onusiennes à Jadotville et Élisabethville, de même que la
résidence de Conor O’Brien, représentant du Secrétaire général au Katanga, deviennent
les cibles privilégiées de l’unique Fouga Magister de l’aviation katangaise qui parvien-
dra à détruire au sol deux Douglas DC-4, un Douglas C-47, une douzaine de camions,
des installations radio de l’ONU avant d’endommager un DC-6 et un Fairchild C-119
Flying Boxcar basés sur les aéroports de Kamina et Élisabethville-Luano.
Pour desserrer l’étau et surtout faire face à la pénurie d’eau, un hélicoptère Sikorsky
S-55 de l’ONU, parvient à se poser au sein des positions irlandaises le matin du16 sep-
tembre. A peine à terre, il fut criblé de balles et cloué au sol avant d’être récupéré, réparé
et inséré dans l’aviation katangaise. Submergé par les problèmes d’intendance (l’eau li-
vrée par le Sikorsky S-55 sérieusement altéré par le mazout précédemment contenu dans
les jerricans), isolé en pleine zone équatoriale, éloigné de Léopoldville (commandement
central), le commandant Quinlan entama le soir des pourparlers en vue d’un cessez-le-
feu. Les négociations entamées débouchent sur un accord oral qui se concrétise par la
cessation des hostilités.
Le 17 septembre la colonne de secours onusienne déployée pour venir au secours des
Irlandais se solde après deux tentatives infructueuses par un échec devant le pont de la
Lufira fortement défendu par les troupes katangaises. Ces événements coïncident avec un
contexte des moins favorables marqué d’une part par une campagne médiatique déclen-
chée au niveau international dénonçant les atrocités reprochées aux troupes indiennes et,
d’autre part, la capture d’une trentaine de soldats Irlandais à Elisabethville (Lubumbashi)
ainsi que la reddition de la compagnie irlandaise de Jadotville.Appréciant la situation
très défavorable, le commandant Quinlan se résigna à la signature, à 17h, d’un acte de
reddition avec le ministre de l’intérieur du Katanga, Godefroid Munongo.Le lendemain,
le 18 septembre, les combattants onusiens, devenus prisonniers de guerre, sont internés à
l’hôtel de l’Europe à Jadotville avant d’être transférés à Kolwézi le 11 octobre.
La conjonction de ces facteurs défavorables contraint l’ONU à signer le 20 sep-
tembre un accord provisoire de cessez-le-feu prévoyant un échange de prisonniers (190
soldats de l’ONU contre 240 soldats katangais) qui a lieu le 25 octobre. L’échec de
l’ONUC durant la première phase, après l’analyse des opérations et évènements est
imputable, pour l’ONU, au mandat alloué aux troupes onusiennes du Congo concernant
l’utilisation de la force jugé très insoddisfacente. En effet, la limitation de l’usage de la
force à l’autodéfense et à l’utilisation d’armes défensives représente, à n’en pas douter,
un facteur déterminant de la débâcle des troupes onusiennes au Katanga. Il s’y ajoute

