Page 593 - Le Operazioni Interforze e Multinazionali nella Storia Militare - ACTA Tomo I
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bas. A côté de ces majorités, on distingue des minorités ethniques comme les Bambote,
Zela, Bayazi, Ndembos, Batabwas, Kalwenas et Hembas.
Région de plateaux élevés (altitude supérieure à 1000 m), le Katanga dispose de
richesses minières et agricoles considérables. Le plateau du Katanga, propices aux acti-
vités agro-pastorales, dispose de plusieurs fermes d’élevage et d’agriculture. Les parties
orientale (Manono) et méridionales (Lubumbashi, Kolwezi) de la province regorgent de
très riches gisements de cobalt, cuivre, fer, radium, uranium, et diamant. Ces richesses
multiples et sa position stratégique à cheval entre l’Afrique centrale et australe pour-
raient expliquer les convoitises aussi bien nationales qu’étrangères qui, depuis, vont
animer la question Katangaise.
L’économie du Congo, depuis la période coloniale, repose, pour l’essentiel, sur celle
du Katanga, pourvoyeuse d’une grande partie des exportations. En effet, la province
regorge de richesses minières immenses (cuivre surtout, étain, uranium, manganèse,
charbon, zinc, cadmium, cobalt, germanium, argent, tungstène) auxquelles s’ajoutent
d’immenses potentialités agricoles et hydroélectriques.
A partir de 1884, sous la colonisation belge, démarre l’exploitation intensive des
ressources minérales par des sociétés européennes particulièrement belges avec, notam-
ment, l’Union minière du Haut Katanga. En réponse à la saignée démographique de
la région consécutive à la traite des noirs, les Belges eurent recours à la main d’œuvre
forcée grâce à des dizaines de milliers de Lubas (du Nord-Katanga ou du Kasaï), d’An-
golais, de Rhodésiens, de Ruandais déportés aux fins de faire fonctionner les activités
minières. L’essor de la province attira des dizaines de milliers de colons. L’édification
de la voie ferrée BCK reliant la province jusqu’à Port-Francqui dopa l’économie du
Katanga qui, au fil du temps, allait devenir le pilier de l’économie congolaise.
En mai 1960, les élections consacrent la victoire au MNC de Patrice Lumumba qui
prône une gestion bicéphale en laissant la présidence à Joseph Kasa-Vubu, après l’acces-
sion du pays à la souveraineté le 30 juin 1960. Toutefois, l’indépendance se fit dans
la confusion, la tension et des troubles animés par des grèves, des soulèvements et la
mutinerie de la force publique. Dès cette date, les violences de ce que deviendra la crise
congolaise se multiplient, tandis que les partis exclus du gouvernement contribuent aux
troubles et que les forces armées congolaises se mutinent. Pour assurer la protection
des Européens et des intérêts belges, les forces belges stationnées sur le territoire sont
renforcées par des troupes venues de Belgique.
La crise politique eut des répercussions fâcheuses sur l’économie du Congo. A l’exode
massif des ressortissants européens, répond une fuite d’une grande partie des capitaux
étrangers qui précipiter le pays vers la banqueroute. Pour parer à une telle éventualité,
le gouvernement puise dans les réserves de devises générées par le Katanga, moteur de
l’économie congolaise. Les sociétés minières du Katanga, opposées aux mesures du
gouvernement central, activent la Confédération des associations tribales du Katanga
(CONAKAT) qui demande la sécession.
Moins de deux semaines après l’accession à la souveraineté internationale (le 11
juillet 1960), Moïse Tshombe, appuyé par l’Union minière du Haut Katanga (UMHK) et
la Belgique, proclame l’indépendance du Katanga. Sous prétexte de protéger ses res-

