Page 159 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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          tion qui a choisi une fois de plus Kousséri, la ville camerounaise la plus proche, comme terre
          d’accueil.
             Les jeunes gens surnommés «  colombiens » à N’Djamena, ont profité du déplacement
          massif de la population pour faire fortune. Ils ont mis à sac boutiques, maisons et bureaux,
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          arrachés motos et voitures aux populations, les revendant à vil prix pour s’en débarrasser .
          Comme une mauvaise grippe, N’Djamena a encore fait parler d’elle sous le spectre de la
          violence armée. la communauté internationale s’est mobilisée pour condamner le coup de
          force manqué. Vingt et une organisations humanitaires, dont six agences onusiennes, treize
          organisations non gouvernementales et le mouvement de la croix rouge se sont associés
          aux efforts du gouvernement camerounais pour soulager les souffrances de près de 30.000
          réfugiés tchadiens . Comme lors des conflits précédents, les populations civiles de la sous-
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          région payent le plus lourd tribu. Alors que le gouvernement camerounais atténue encore
          le problème de la circulation des armes sur son territoire, conséquence directe des conflits
          répétés au Tchad, entraînant à la fois la recrudescence du grand banditisme, les pertes en vie
          humaine et le freinage des activités économiques de nombreuses populations civiles, cette
          autre crise s’achève par ce que les rebelles ont appelé eux-mêmes un «  repli stratégique ».
          Comment donc envisager l’arrêt des souffrances des ces populations?
             La réponse à une telle question sera limitée si la solution à apporter se focalisait unique-
          ment sur l’assistance aux populations directement recensées comme victimes de ce conflit.
          Car le mal ne s’arrête pas à la pression que créent les réfugiés. Les ramifications du mal à
          moyen et long terme de ce conflit civil, qui au départ parait limité, sont à prendre en compte.
          Ce mal se fertilise auprès des anciens combattants rebelles, des déserteurs, des démobilisés
          de l’armée régulière et comme un serpent de mer, se prolonge auprès des désoeuvrés qui en
          profitent pour faciliter la circulation incontrôlée des armes et des munitions. Le phénomène
          des coupeurs de route bien qu’ancien, s’amplifie alors, devient compliqué et redoutable. il
          prolonge une terreur regrettable qui se manifeste parfois lorsque les belligérants d’hier se
          sont déjà réconciliés en vue du partage du pouvoir. L’histoire du Tchad est ainsi faite de con-
          flits et de réconciliations. la dure réalité reste pourtant, que les blessures ainsi provoquées au
          sein de la population civile, victime directe ou indirecte, sont difficiles à soigner. Le « Trian-
          gle de la mort » qui est la résultante du prolongement du phénomène vers la Centrafrique et
          son aggravation au détriment des populations du Cameroun, en est la preuve.












          23  Cameroon Tribune n°9030/5229 du 05 février 2008, p.20.
          24  Cameroon Tribune n°9039/5238 du 18 février 2008, p.31. Du fait de l’accalmie rapidement observée à
              N’Djamena, certains réfugiés sont vite revenus au Tchad pour protéger leurs biens des pillages, d’autres
              faisaient des va et vient, redoutant la reprise des combats. Leur nombre avant le recasement de Kousséri à
              Maltam, restait imprécis et ne devait pas dépasser 10.000
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