Page 156 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
P. 156

658                                XXXIV Congresso della CommIssIone InternazIonale dI storIa mIlItare • CIHm

           tel. Ainsi, le 20 mai 1981, ces hommes dangereux prennent en otage 7 personnes à Kumbola,
           dans l’arrondissement de Blangoua et demandent une rançon de 600 naïra. Les otages sont
           libérés la nuit suivante après payement d’une somme de 200.000 Frs CFA.
              En janvier 1994, des affrontements entre soldats Camerounais et combattants tchadiens
           à Afta dans l’arrondissement de Logone Birni, coûtent la vie à neuf gendarmes Cameroun-
             17
           ais . En novembre 1995, des éléments de la faction rebelle de l’opposant Abbas Coty, ve-
           nus rançonner les populations d’Afadé rencontrent une vive résistance populaire. Dans cette
           sous - région de l’Afrique qui dépasse les seules limites du Nord Cameroun et du Tchad, la
           détention des armes à feu n’est plus l’apanage des plus nantis ou des autorités administra-
           tives. Les armes traditionnelles ont cédé le pas à la Kalachnikov. Le berger croit devoir s’en
           servir pour protéger son bétail, le commerçant en possède pour parer à toute éventualité.
           Depuis les troubles inter ethniques de 1991-1993 dans le Logone et chari, nombreux sont
           les chefs de familles qui ont jugé nécessaire de s’en procurer pour ne pas être surpris par les
           pyromanes et autres pillards. Des démunis de tous âges et des adeptes de l’enrichissement
           facile s’en servent pour rançonner les voyageurs, attaquer les domiciles privés ou razzier du
           bétail.
              Cette circulation massive et incontrôlée des armes peut être considérée comme l’impact
           le plus grave et le plus durable des conflits tchadiens sur les populations aux abords du lac
           tchad en général et au nord du Cameron en particulier. ici, les armes, les munitions et les
           tenues de combat sont devenues des monnaies d’échange pour des soldats déserteurs et sans
           ressources. Une Kalachnikov peut être acheté à 10.000 Frs CFA par un commerçant ou un
           particulier. On peut acheter un pistolet automatique en revendant son mouton ou son bœuf.
           Cette facilitée d’acquisition a conduit à une large dissémination qui à son tour est venu
           métamorphoser un phénomène déjà ancien, celui des coupeurs de routes. En effet, lors d’une
           croisade contre les coupeurs de route au début de l’année 1999, les unités de la gendarmerie
           nationale ont saisi entre leurs mains un important stock d’armes évalué à : 85 fusils Kalach-
           nikov version PM 7,62mm court, 37 pistolets mitrailleurs MAT 49 de 9mm, 45 fusils MAS
           36 de 37,5mm, 23 FAL standard de 7,62mm, des lances roquettes, des roquettes antichars
                                                                           18
           Soviétique, des lance-grenades et des munitions correspondant à cet arsenal . en décembre
           1992, lors du désarmement des populations Arabes Choas et Kotoko à Kousséri, 29 fusils
           automatiques, 3 armes lourdes et plusieurs pistolets automatiques avaient été récupérés dans
           le seul village de Kabé. En octobre 1993, 10 fusils automatiques sont saisis dans le village
                     19
           de Ngouma .
              Ces exemples illustratifs montrent s’il en était besoin, les sources de l’alimentation des
           phénomènes tels que le grand banditisme, les coupeurs de routes et les prises d’otages dont
           sont victimes les populations civiles dans la partie septentrionale du Nord Cameroun et son
           extension progressive vers le reste du pays.
              le banditisme alimentaire ainsi généré par les violences politiques au tchad, s’est sub-
           stitué aux bandes multinationales soutenues par des commanditaires et motivés par la recher-

           17  S. Issa, ‘‘Conflits et problèmes de sécurité’’, p.156.
           18  A-H. Onana, Le Cameroun et ses frontières, p.109.
           19  Ibid ; Rapport sur le comportement partial et illégal de l’opération scorpion dans le Logone et Chari, Archi-
               ves de la Gendarmerie du Cameroun, novembre 1993.
   151   152   153   154   155   156   157   158   159   160   161