Page 155 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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mois de mars que le chef des FAR a donné signe de vie à Kousséri , avant de prendre la
direction de la France ou un asile politique lui a été directement accordé après des examens
médicaux.
Par ailleurs la plupart des réfugiés tchadiens au Cameroun se répartissent entre les cen-
tres urbains du Nord que sont Maroua, Garoua et Ngaoundéré. A partir du 22 avril 1982, le
camp des réfugiés de Kousséri avait été fermé et transféré à Poli dans le département de la
Bénoué. Avant cette date, la petite agglomération de Kousséri était passée de 11.000 à environ
250.000 habitants. Il en résulte de nombreux problèmes d’accueil, de salubrité, d’alimentation,
de santé et de politique. S’agissant des problèmes politiques, ils sont liés au rapatriement des
réfugiés. Ces derniers, installés à Kousséri ou dans les autres localités environnantes, tentent
de se reconstituer selon leurs affinités en noyaux favorables aux groupes armés en guerre à
N’Djamena. Kousséri étant à quelques centaines de mètres de N’Djamena, les réfugiés issus
du camp des perdants constituent une menace potentielle pour le gouvernement en place.
Leur retour au Tchad est souhaité pour un meilleur contrôle. Malheureusement, de nombreux
réfugiés dont les domiciles sont détruits préfèrent rester au Cameroun où ils ont le minimum
vital.
C’est dans cette atmosphère que le GUNt a accusé le gouvernement Camerounais et le
HCR en mars 1981 à travers la presse officielle, d’empêcher les réfugiés de rentrer. Or, en
s’appuyant sur les dispositions de la convention de l’ONU de 1951 et de la convention de
l’OUA de 1969 portant sur le statut des réfugiés, le gouvernement Camerounais soutenait
que les réfugiés bénéficieront de son hospitalité tant que les conditions qui avaient présidé
à leur départ persisteront. Il a fallut mettre sur pied une commission tripartite réunissant les
représentants du Tchad, du Cameroun et du HCR pour assister aux premières vagues de rap-
atriement des réfugiés tchadiens en juin 1981, constat ayant été fait du retour au calme dans
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la capitale .Ceux qui voulaient rester aux Cameroun étaient transférés à Poli, à près de 400
km de N’Djamena.
Ce mouvement populaire échappant au contrôle des deux Etats, s’accompagne de nom-
breux problèmes d’insécurités caractérisés par les vols, agressions, meurtres et prises d’otages
qui survivent après le départ des réfugiés. C’est un climat d’insécurité grave, alimenté par la
dissémination des armes. En effet, les réfugiés et les populations Camerounaises voisines de
N’Djamena profitent des crises tchadiennes pour se procurer des armes de toutes marques.
Les uns ont acheté à vil prix auprès des combattants en fuite, d’autres ont ramassé ou déterré
au bord du fleuve logone des armes précédemment cachées ou abandonnées par des combat-
tants avant leur entrée à Kousséri . aussitôt disséminés au sein de la population Camer-
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ounaise, ces vaincus se reconstituent en bande qu’on a du mal à classifier. D’une part, leur
nombre est très réduit pour qu’on puisse véritablement parler de rebelles. D’autre part, leur
passé rebelle ou combattant et les affrontements redoutés contre les troupes gouvernemen-
tales, les différencient des coupeurs de route ordinaires, bien qu’ils se comportent comme
14 Cameroon Tribune n° 9049/5248 du 03 mars 2008, p.31.
15 Cameroun Tribune n° 2015/2205 du 20 octobre 1981.
16 R. Buijtenhuijs, Le frolinat et les guerres civiles du Tchad : 1977 -1984, Paris, karthala, 1987, p.121 ; anony-
me, ‘ ‘‘Le sort des réfugiés de Kousséri’’, in Marchés tropicaux et méditerranéens, n°1818 du 12 septembre
1980, p.2250.

