Page 150 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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652 XXXIV Congresso della CommIssIone InternazIonale dI storIa mIlItare • CIHm
Les conflits au Tchad et leurs impacts sur
la population civile au Cameroun
MBUé NGAPPé
Les héritages coloniaux, toujours très prégnants en Afrique Centrale comme dans
l’ensemble du continent, marquent l’histoire contemporaine de leur empreinte. la création
des Etats a bouleversé à des degrés divers, les espaces et les sociétés africaines, véritable
cataclysme donc l’onde de choc se fait toujours sentir, caractérisé par les massacres inter
ethniques et les guerres civiles de tous genres, qui n’ont épargné aucun pays. Certaines cri-
ses internes ont été exportées chez les voisins, aucune frontière n’étant en mesure de les
endiguer, créant ainsi un véritable système régional de guerre. La littérature à ce sujet est
considérable. Le Congo, les Grands Lacs, le Tchad, la République Centrafricaine et le Sou-
dan voisin s’en tirent avec la part du lion. La succession rapide d’événements extraordinaires
depuis une quinzaine d’années explique cette abondance. Elles sont surtout belges, français-
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es, anglo-saxonnes d’une part, africaines et principalement congolaises d’autre part . Mais
ces projecteurs braqués sur les terrains de conflits civils oublient parfois les impacts directe-
ment occasionnés auprès des populations des pays voisins, qui seraient négligeables certes,
comparés aux nombreuses conséquences vécues par les populations des pays directement
concernés, pourtant profonds et durables. En effet, l’horreur des tragédies refuse de quitter
obstinément la scène et chaque jour allonge la liste des victimes si banalement qu’on perd
conscience de la signification des chiffres ou tout simplement des dégâts collatéraux auprès
des populations civiles. l’impact des conflits au tchad sur les populations du Cameroun est
évident. Généralement considéré comme un îlot de paix dans l’ensemble de la sous- région
d’Afrique Centrale, le Cameroun partage avec son voisin une frontière de 1095 km dans sa
partie septentrionale. Si les voisins du tchad en général n’ont cessé de se plaindre des retom-
bées négatives de ses conflits successifs, la proximité de la capitale N’Djamena, centre des
batailles par rapport au Cameroun, en fait une victime particulière.
La succession des confLits au tchad.
Les difficultés de gestion politique au lendemain de l’indépendance.
L’histoire de la guerre au Tchad est perçue à première vue, comme une succession des
révoltes populaires. Mais en réalité, le peuple tchadien a toujours été à toutes les phases de
l’évolution de ce drame, l’otage de la volonté d’un individu. Son histoire, depuis l’acquisition
de l’indépendance, est indissociable du rôle des seigneurs de la guerre dont les ambitions et
les agissements ont mis à rude épreuve la paix sociale, envenimé les clivages régionaux et
ethniques, provoqué la désagrégation du Tchad et ouvert la voie aux ingérences étrangères.
Après les élections législatives du 31 mai 1959, le Parti Progressiste Tchadien (PPT)
accède au pouvoir et François Tombalbaye, jusque là premier ministre, devient le premier
président du Tchad lorsque le pays devient indépendant le 11 août 1960. Mais ses premières
1 www.herodote.org/art.php?id_article=109.

