Page 153 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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          des bandes criminelles et les différents frontaliers entre Etats. Il est devenu de ce fait un gros
          dépotoir d’armes. Son voisinage avec la capitale N’Djamena, régulièrement animé par les
          bruits de bottes en fait un acteur indirect du conflit Tchadien.

          La proximité du champ de bataiLLe.
             La proximité du champ de bataille a des lourdes conséquences dans le Nord du Camer-
          oun. Des incidents indirects sur la sécurité des hommes sont le plus souvent enregistrés du
          fait des balles perdues, des conditions de survie des réfugiés, de la divagation des combat-
          tants incontrôlés et de la dissémination des armes à feu. Le chef lieu du département de Log-
          one et Chari dans la province de l’Extrême Nord du Cameroun, relié à la capitale tchadienne
          par le pont N’gueli sur le fleuve Chari, est la plus grande victime. En effet, des balles tirées
          de N’Djamena atteignent fréquemment la ville de Kousséri où elles font des victimes parmi
          les populations civiles qui s’aventurent près du fleuve logone. Certains dont les maisons
          font face à la capitale tchadienne, sont obligés de murer les ouvertures de leurs habitations.
          Des obus mettant en danger la vie de plusieurs civils camerounais et tchadiens en fuite,
          achèvent parfois leur course à Kousséri. Dans la journée du 22 septembre 1980, un obus tiré
          de N’Djamena était tombé dans l’enceinte de l’hôpital départemental de Kousséri, faisant
          quatre morts, huit blessés et de dégâts matériels importants .
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             Le ministre camerounais de la communication, Henri Bandelo, avait réagi face à cet inci-
          dent en précisant l’inquiétude des autorités camerounaises dans l’hebdomadaire « Cameroun
          tribune» en ces termes :
             « J’espère que les obus tirés sur l’hôpital de Kousséri n’étaient pas délibérément dirigés
          sur celui-ci et qu’il ne s’agit que d’un incident fâcheux à mettre sur le compte de la nervosité
          des belligérants qui ne sont pas à une erreur de tir près  ».
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             L’accoutumance aux crises tchadiennes a banalisé le crépitement des armes dans la men-
          talité des voisins de N’Djamena. Au plus fort des batailles de février 1979 et de mars à
          décembre 1980, nombreux ont été les habitants de Kousséri qui se sont joints aux réfugiés
          tchadiens pour veiller pendant des heures sur la rive camerounaise du fleuve Chari. Là ils ap-
          plaudissent le départ de coups de canon, commentent allègrement le crépitement des fusils,
          s’exercent à distinguer la nature de l’arme utilisée, tels des spectateurs devant un écran de
          projection d’un film de guerre. Une crise est passée au tchad, mais des témoins camerounais
          énumèrent encore les marques des fusils ou décrivent sans état d’âme les souffrances des
          blessés internés à l’hôpital de Kousséri, montrant ainsi le sentiment de leur implication dans
          la guerre chez le voisin tchadien. Pendant la guerre civile de 1979 à 1982, qui a abouti la prise
          du pouvoir par Hissène Habré, on a vu les arabes Choas souhaiter instinctivement la victoire
          du GUNT, au sein duquel se trouvait le CDR d’Ahmat Acyl, d’obédience arabe. Tandis que
          les Kotoko étaient solidaires des FAN dont le chef Habré est anti- libyen.






          10  S.Issa, ‘‘L’impact de la crise tchadienne sur le Nord Cameroun’’, Mémoire de maîtrise, Université de Yaoun-
              dé i, p.76.
          11  Cameroon Tribune, n° 1883 du 23 septembre 1980.p.4
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