Page 154 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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656 XXXIV Congresso della CommIssIone InternazIonale dI storIa mIlItare • CIHm
La cuLture de La vioLence.
A la longue, l’habitude a amené les habitants de Kousséri à banaliser la violence, lui
reconnaissant des vertus en matière de résolution des différends. On ne peut s’empêcher de
penser que les massacres de Kousséri, lors des affrontements entre Arabes Choas et Kotoko
en janvier 1991 s’inscrivent dans cette logique. La trop forte influence des crises tchadiennes
conjuguées aux difficultés économiques a contribué à recharger le potentiel d’agressivité sur
ces populations qui, depuis le début de la colonisation européenne avait progressivement ap-
pris à apprécier les vertus de la paix. Car contrairement à d’autres contrées du bassin du Lac
tchad où la violence s’est inscrite dans une logique de continuité, une rupture était interve-
nue dans la partie camerounaise de la sous- région.
Les différents peuples du Logone et Chari, de gré ou de force, avaient cessé de s’épier
et vivaient en bonne intelligence. Mais les crises du Tchad ont suscitées la propension à
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l’agressivité chez les jeunes générations . Certes, la sécheresse de 1983 à 1985 semble
avoir donné un contenu à cette nouvelle tendance qui s’est exprimée dans le banditisme de
grand chemin. il est tout aussi possible que les troubles politiques du début des années 1990,
au Tchad aussi bien qu’au Cameroun, aient servi de cadre à une seconde forme d’expression
de la colère d’une jeunesse diminuée, déterminée à tirer partie du désordre dans une région
ou la circulation des armes et des munitions qui échappent à tout contrôle crée de nombreux
problèmes d’insécurité.
Les probLèmes d’insécurité.
Les problèmes d’insécurité que pose la proximité du champ de bataille sont relatifs au
déferlement des réfugiés tchadiens dans les centres urbains du Nord -Cameroun et leur pro-
longement jusqu’au Nord du Nigéria. il est évident qu’en période de crise économique ou
politique particulièrement grave dans un Etat, les réfugiés cherchent asile dans les zones
frontalières des Etats voisins les plus proches. Cette présence subite dans le pays d’accueil
pose des problèmes notamment liés à la pression sur les ressources des zones frontalières. Il
en résulte des difficultés de survie à la fois pour les réfugiés eux mêmes et pour leurs hôtes.
Tout au long des crises tchadiennes, des chefs de tendances vaincues, des hauts fonction-
naires et cadres de l’administration, des combattants, des commerçants et des personnes ap-
partenant à diverses autres catégories socio- professionnelles ont trouvé refuge au Cameroun
où y ont séjourné avant de prendre une destination finale.
le président du GUNt Goukouni oueddei, chassé au pouvoir par les FaN de Hissène
Habré le 7 juin 1982, a pu trouver le temps de se réfugier au Cameroun avant de poursuivre
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son chemin vers l’algérie . Dans la nuit du 30 novembre au 1 décembre 1990, Hissène
er
Habré empreinte le même chemin pour se réfugier à Kousséri, puis à Yaoundé avant sa des-
tination finale, à Dakar au Sénégal. Après le coup d’Etat manqué contre le régime d’Idriss
Deby en février 2008, l’opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh et le chef de la Fédération
Action pour la République, le député tchadien Ngarlejy Yorongar, ont inquiété la commun-
auté internationale par leur disparition après les combats de N’Djamena. C’est au début du
12 S. Issa, ‘‘Conflits et problèmes de sécurité’’, p.152.
13 G-J. Ngansop, Tchad : vingt ans de crise, Paris, L’Harmattan, 1986, p.112.

