Page 151 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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          années de règne sont vite marquées par une certaines épuration dirigée vers la classe poli-
          tique. Dès le 24 août 1960, Gabriel Lisette, fondateur du PPT est déchu de sa nationalité
          tchadienne alors qu’il se trouve en mission au Maroc. En octobre 1961, Ahmed Kotoko,
          député du Mayo Kebbi et président de l’Assemblée Nationale, est expulsé vers le Cameroun,
          son pays d’origine. En janvier 1962, tous les partis politiques sont suspendus, excepté le parti
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          au pouvoir . Une autre épuration, essentiellement dirigée vers la classe politique des nord-
          istes, se manifeste par l’arrestation des cadres musulmans du PPT qui sont jugés, condamnés
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          et  emprisonnés .  Ces  nombreuses  arrestations  installent  l’amertume  au  sein  de  la  petite
          élite intellectuelle du Nord, exclue de la sphère dirigeante de l’Etat.
             C’est dans ce conteste de frustration que naît le Front de Libération Nationale, à l’issue
          d’une réunion tenue du 19 au 22 juin 1966 à Nyala, dans la province soudanaise du Darfour.
          Confié à Ibrahima Abatcha, la direction de ce mouvement entend mener un combat national-
          iste contre ce régime perçu comme un instrument de défense des intérêts français au Tchad.
          Mais les dirigeants politiques et les conflits des personnes vont diviser le mouvement rebelle
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          en plusieurs tendances qui se partageront le pays . C’est le point de départ des conflits qui
          vont générer une succession de coups d’Etat. Le dernier en date, celui de février 2008, a failli
          renverser le régime démocratique du président Idriss Deby Itno, arrivé lui-même au pouvoir
          en décembre 1990 à la suite d’un coup d’Etat.
          La succession des coups d’etat.

             La guerre qui déchire ainsi le Tchad est dans une large mesure tributaire de la dynamique
          historique du pays. Mais elle n’est pas forcement le résultat d’un passé fait d’antagonisme.
          La quête permanente du pouvoir après l’indépendance a ajouté sa sombre couleur au triste
          tableau hérité de la formation d’un Etat qui portait déjà en lui les germes de son explosion.
             Après avoir fait l’unanimité des civils contre lui, le président Tombalbaye va se mettre à
          dos l’armée. Le Chef d’Etat Major, le Général Félix Malloum, accusé de fomenter un coup
          de force étant en prison, C’est le Général Odingar, Chef d’Etat Major par intérim, qui initie
          un coup d’Etat et prend le pouvoir le 13 avril 1975. Le président Tombalbaye meurt au cours
          des combats opposant les mutins à sa garde. Libéré, le général Félix Malloum inaugure la
          deuxième République à la tête d’un Conseil Supérieur Militaire (CSM). Mais le pays ne con-
          naît pas de répit avec la prise de pouvoir par l’armée.
             Ancien sous préfet passé à la rébellion en 1971, Hissène Habré devient le chef de l’armée
          du Front de libération Nationale tchadienne qu’il dirige avec Goukouni. leur séparation
          suite à l’incident de l’enlèvement de l’anthropologue française Françoise Claustre conduit
          Hissène Habré à créer un nouveau mouvement rebelle appelé Conseil du Commandement

          2   a. Bangui, prisonnier de Tombalbaye, Paris, Hatier, 1982, p.40
          3   Ibid, p.78
          4   S. Issa, ‘‘Conflits et problèmes de sécurité aux abords sud du lac Tchad, XVI –XXe siècle’’, Thèse de Docto-
              rat, Université de Yaoundé, 2000, p.137. parmi les principales tendances, on distingue : la première Armée de
              Abba Siddick, survivance du FROLINAT ; les Forces Armées populaires (FAP) de Goukouni Oueddei, ba-
              sées dans la région Sahélienne du Borkon – Ennedi – Tibesti ; les Forces Armées du Nord (FAN) de Hissène
              Habré, composées surtout des Goranes de Borkou ; le comité démocratique révolutionnaire de Acyl Ahmat
              dont les troupes viennent des tribus arabes de la frontière tchado – libyenne ; les Forces Armées Occidentale
              (FAO) de Mohammed Abderhamane qui recrute parmi les Kanembou de la frontière tchado – nigérienne.
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