Page 157 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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che d’un gain important à recycler dans les économies formelles. Sa montée en puissance
observée ces dernières années avec le coup de force en Centrafrique dont les conséquences
se sont invitées à ce jeu macabre a contribué à la prise de conscience sur le plan international,
de cette économie de crime qui profite d’un contexte généralisé de crise socio- politique dans
la sous- région.
L’aggravation du maL avec La frontière centrafricaine.
Les répercussions de la sécheresse de 1983 à 1985 sur les éleveurs nomades camerounais
dans le bassin du lac Tchad, s’étaient ajoutées aux harcèlements des rebelles tchadiens pour
convaincre ces éleveurs à fuir vers l’intérieur du pays, notamment dans le département de la
Vina, province de l’Adamaoua. Mais les difficultés de cohabitation avec les chefs tradition-
nels, les ex combattants tchadiens reconvertis en coupeurs de route et autres autorités im-
posèrent un déplacement supplémentaire à cette population, emportant familles et troupeaux
vers des contrées plus clémentes. Ils choisirent le Nord-Ouest de la Centrafrique, zone riche
en pâturage, relativement paisible aux confins du Cameroun, de la Centrafrique et du Tchad.
le mouvement s’intensifia au début des années 1990, période marquée par la recrudescence
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de la criminalité rurale au Nord du Cameroun et l’accession pacifique au pouvoir du prési-
dent Ange Félix Patassé à Bangui, qui donnait espoir aux pays voisins.
Malheureusement, cette embellie ne dura pas. Car sous son règne, la Centrafrique en-
tre dans un cycle de mutineries, de rébellions et de changement violent de régime grâce à
l’appui des mercenaires tchadiens. En effet, l’offensive militaire pour la prise du pouvoir à
Bangui en 2003 par le Général François Bozizé, s’est faite avec l’exploitation ou la com-
plicité de ces nomades Bororos dans cette zone, lors du passage des troupes à la conquête
du pouvoir à partir du Nord . Après le coup de force réussi de Bangui, une grande partie
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de ces troupes abandonnées avec leurs moyens militaires ont regagné la zone de passage à
la recherche des moyens de subsistance. Leur harcèlement pousse des centaines de familles
Bororos, devenues des victimes faciles, à revenir s’installer au Cameroun. Rejetés à Bangui
et redoutés à N’Djamena, ils ont transformé leur errance en recherche des ressources aux
confins poreux des trois Etats où sévissait déjà le banditisme transfrontalier. Puissamment
armés, ils adoptent une nouvelle forme de violence : la prise d’otages essentiellement opérée
auprès des éleveurs Bororos, contre rançon comme moyen efficace et moins risqué de faire
du butin.
Le quadrillage presque total de la zone frontalière par les forces spécialisées cameroun-
aises ayant rendu de plus en plus caduques les procédés de barrage et de coupure de route, ces
nouveaux acteurs nés du conflit politique en Centrafrique, opèrent près des frontières cam-
erounaises par des incursions, retournent rapidement du côté centrafricain où ils attendent le
versement de la rançon. Connus sous le nom des mercenaires Zagawa qui ont accompagné
le Général Bozizé à Bangui, ils sont constitués de milices et autres groupes armés, ainsi que
d’anciens soldats centrafricains qui n’avaient pas été désarmés, démobilisés et réinsérés. Ils
sont rejoints par les déserteurs de l’armée tchadienne ou ceux qui ont été chassé de la garde
20 A. Tetmoun, ‘‘Phénomène des coupeurs de route en Afrique Centrale : causes, manifestations et conséquen-
ces’’, Séminaire présenté aux étudiants de Master en Stratégie, Université de Yaoundé II, 18 mars 2008.
21 ibid.

