Page 158 - Conflitti Militari e Popolazioni Civili - Tomo II
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           présidentielle, et des égarés qui complètent leur solde en faisant usage des moyens militaires
           sophistiqués dans cet espace de non droit, formé par les zones frontalières des trois pays.
           De part l’ampleur du phénomène, la communauté internationale a baptisé cette zone comme
           étant celle du « triangle de la mort ». Car ces individus sans foi ni loi, n’hésitent pas à assas-
           siner pour impressionner et terroriser d’éventuels récalcitrants.

           La réaction du gouvernement camerounais.

              Le gouvernement Camerounais a adopté des mesures fortes face à ce banditisme d’une
           ampleur indescriptible. Dès le début des années nonante, un vaste programme de re-sécurisa-
           tion des zones atteintes a été élaboré et comprend plusieurs méthodes appliquées de manière
           graduelle, en fonction des cas rencontrés sur le terrain. Cependant, la mesure permanente
           reste l’implantation des unités militaires le long des itinéraires à risque et le renforcement
           des postes et détachements frontaliers. Les bataillons interarmes quadrillent la région. Le
           Bataillon d’intervention Rapide, unité d’élite spécialisée dans les actions commandos et le
           maintien de l’ordre a été crée pour la circonstance. Ses résultats positifs dans le sens de
           l’assainissement de la région ont largement amélioré ceux précédemment obtenu par les
           pelotons, brigades et compagnies de gendarmerie territorialement actifs.
              Les mesures additives quant à elles, associent des escortes, des ratissages, la recherche
           du renseignement en vue de la préparation des embuscades sur les voies à risque, des pa-
           trouilles, la constitution des comités de vigilance dans les villages. D’autres opérations mili-
           taires de moyennes ou grandes envergures ont été initiées, connues sous des noms tels que :
           Nomade, Scorpion, Faucon, Harmattan, Serbewel, Gouderi. En collaboration avec les forces
                                                                          22
           tchadiennes, celles-ci ont parfois associées des moyens terrestres et aériens .
              De nos jours, l’activité des coupeurs de route a sensiblement diminué et l’on doit ce
           résultat à l’engagement et à la détermination des autorités civiles et militaires. En outre, l’on
           est passé de la répression unilatérale à une initiative tripartite, laquelle a abouti à la déci-
           sion commune de mettre sur pied depuis 2003, un mécanisme de coopération et de gestion
           des questions liées à l’insécurité transfrontalière, à la lutte contre la prolifération des armes
           légères et de petit calibre en même temps que les actions de sensibilisation en direction des
           populations civiles. La communauté internationale, appelée à appuyer les efforts entrepris
           par les Etats dans le domaine de la démobilisation et de la réinsertion des ex combattants
           notamment les enfants soldats, vient s’ajouter aux espoirs suscités par toutes les initiatives
           prises jusque là, pour alléger les souffrances des ces victimes civiles.

           concLusion.

              Les 2 et 3 février 2008, la ville de N’Djamena a renoué avec sa tradition de conflit civil
           armé. Les soldats de l’Armée Nationale Tchadienne (ANT), confrontés aux combattants de
           L’Union des Forces de la Résistance (UFR), une coalition de trois mouvements rebelles qui
           cherchaient à renverser le président Idriss Deby Itno, ont psychologiquement, matériellement
           et physiquement secoué les habitants de cette ville. Deux jours de batailles que l’on peut
           qualifier de courte durée n’ont pas empêché à la capitale tchadienne de se vider de sa popula-


           22  Onana Mfegue, Ibid, p.112.
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