Page 602 - Le Operazioni Interforze e Multinazionali nella Storia Militare - ACTA Tomo I
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602 XXXIX Congresso della CommIssIone InternazIonale dI storIa mIlItare • CIHm
par configuration. Composée d’officiers et de soldats ayant des traditions et formations
militaires différentes, l’ONUC posait le problème de l’intégration, de la communication
(langues, problème de l’anglais parlé par les Suédois et Anglais),
Un autre problème est lié à l’instabilité dans la structure politico-administrative de l’opé-
ration ONUC avec, en l’espace de quatre ans, 9 changements à la tête de la Représenta-
tion Spéciale, 6 au niveau du Commandement en Chef, 10 au niveau du Représentant à
Elisabethville, 4 au niveau du Commandement de la Force au Katanga.
Conclusion
L’opération ONUC pose, au fonds, les modalités des interventions à l’intérieur des
Etats. La situation fut d’autant plus cruciale que le maintien de l’ordre public interne
octroyé par le mandat impliquait l’usage préventif ou actif d’une force de contrainte.
L’ONUC, force de police ne remettait-elle pas en question le principe de non interven-
tion dans les affaires internes d’un Etat souverain ?
Ainsi, la crise congolaise et l’usage de la force par l’ONUC à l’intérieur du territoire
congolais représente une remise en cause du système et des principes westphaliens.
La crise au Congo démontre, si besoin en était, comment la combinaison d’une déco-
lonisation précipitée par la Belgique, la fragilité de l’État, la faiblesse de l’autorité du
gouvernement central et la fragmentation ethnique et régionale ont attiré dans le guêpier
congolais l’ONU qui dût s’ingérer dans les affaires intérieures d’un Etat indépendant en
utilisant la force contre un mouvement sécessionniste et des mercenaires étrangers et
même soutenir secrètement le renversement du Premier ministre élu, Patrice Lumumba
(voir Abi-Saab 1978; Higgins, 1980; Gibbs 2000).
Le retrait de l’ONUC s’effectua par étapes après Février 1963, lorsque Katanga a
été réintégré dans le territoire national congolais. Les dernières troupes ONUC ont été
retirées avant le 30 Juin 1964 alors que le pays continué à recevoir de l’aide civile.
L’utilisation par l’ONUC de la force a eu des répercussions importantes sur le sys-
tème des Nations Unies notamment dans les opérations de maintien de la paix. Comme
Alan James (1990: 298) a suggéré, la mission a été largement perçue comme un outil
de la politique étrangère américaine (voir aussi Gibbs 2000). Il a également généré une
crise financière qui sévit dans les opérations de l’ONU.
L’opération a également encouragé les Nations Unies à reconsidérer le rôle du Secré-
taire Général désormais beaucoup plus circonscrit. Enfin, toutes les forces ultérieures de
l’ONU ont été donnés six mois longs mandats afin de permettre au Conseil de sécurité
d’examiner périodiquement en cours opérations. Le rôle de l’ONUC au Congo met ainsi
en évidence deux points importants. En premier lieu, l’occasion, l’ONU était prête et
capable de s’engager dans des conflits intra-étatiques bien avant les années 1990 (voir
Morphet 2000). Deuxièmement, même lorsqu’il s’agit de problèmes exacerbée par les
systèmes de Westphalie de gouvernance, dans ce cas, le maintien de l’état dans les fron-
tières imposées durant le colonialisme, l’ONU a refusé d’approuver politique solutions
qui n’étaient pas fondées sur l’intégrité territoriale de l’État en question.
Parmi les autres problèmes, figurent les ambigüités et limites du mandat, les défi-
ciences des services d’information et de propagande de l’ONUC, les insuffisances et

