Page 79 - Airpower in 20th Century - Doctrines and Employment
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Francia



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            Patrick facon

            L’Armée de l’Air française face aux armistices de juin
            1940




            La croisée des chemins

                         près plus d’un mois de bataille ininterrompue, contre un adversaire
                         disposant de moyens très supérieurs aux nôtres, vous avez, en toutes
            «Acirconstances, fait preuve des plus belles qualités militaires, accompli
            héroïquement votre devoir. Par votre courage, votre dévouement, votre esprit de
            sacrifice, votre foi dans les destinées de la Patrie, l’armée de l’Air est devenue le
            symbole des plus belles qualités de l’âme française. Votre effort n’a pas été vain.
            Les pertes considérables que vous avez infligées à l’ennemi l’ont obligé à engager à
            fond toutes ses forces aériennes; vos interventions dans la lutte ont souvent ralenti
            ses colonnes et brisé leur élan. Je suis fier d’être à votre tête. Sans cesse en contact
            avec vous, partageant vos joies et vos peines de combattants, je sais que je puis
            entièrement compter sur vous. Je vous demande de rester pour tous un exemple.
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            Souvenez-vous que vous n’avez pas été vaincus ».  C’est en ces termes que, à la
            fin du mois de juin 1940, son commandant en chef, le général Vuillemin, s’adresse
            à l’armée de l’Air pour saluer le rôle qu’elle a joué dans l’épuisante et dure bataille
            qui vient de s’achever.

            Le bilan d’une bataille

               A la date du 25 juin 1940, l’armée de l’Air compte en effet 541 tués, 364 blessés
            et 105 disparus, soit 40 % de ses officiers et 20 % de ses sous-officiers et hommes
            de troupe navigants. Les unités de chasse engagées au combat ont subi une véritable
            saignée. Pour un effectif moyen d’une vingtaine de pilotes, les groupes de cette spé-
            cialité perdent, pour nombre d’entre eux, presque tout leur personnel : 6 tués et 11
            blessés au I/1, 8 tués et 9 blessés au II/1, 5 tués,13 blessés et 3 prisonniers au III/2,
            11 tués, 6 blessés et 2 prisonniers au I/3, 10 tués, 8 blessés et 2 prisonniers au III/3,
            10 tués, 14 blessés et 1 prisonnier au II/4, 12 tués, 13 blessés et 3 prisonniers au I/6,
            9 tués, 23 blessés et 1 prisonnier au III/7, 8 tués et 6 blessés au I/8, 9 tués, 10 blessés
            et 6 prisonniers à la 2/13. Bon nombre de ces blessés, plus ou moins remis, rega-
            gnent même leurs formations afin d’y reprendre la lutte avant l’arrêt des hostilités.
            Le bombardement n’est guère mieux loti. Un rapport de fin de campagne consigne :
            « Dans l’ensemble, nos formations de bombardement furent très éprouvées : certai-


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               Chargé de mission au Centre d'études stratégiques aérospatiales (CESA).
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               Ordre général du général Vuillemin aux officiers, sous-officiers et soldats des forces aériennes, 16
               juin 1940, SHD/DAA 1D2.
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