Page 82 - Airpower in 20th Century - Doctrines and Employment
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            répondrait par l’attaque d’objectifs de la même catégorie, mais aussi des ports utili-
            sés comme bases navales et des usines situées en environnement urbain. « Aucune
            action de riposte contre les objectifs autres que les objectifs militaires, navals et les
            bases aériennes ne sera entreprise sans ordre formel du général commandant en chef
            des forces aériennes », fait savoir le commandant en chef des forces aériennes au
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            commencement de juin 1940.
               Lorsque, le 10 juin, les Italiens prennent l’initiative des hostilités, le grand quar-
            tier général aérien interdit de prendre une quelconque attitude offensive contre les
            Italiens, tout en demandant au commandant des forces aériennes d’AFN et d’Orient-
            Méditerranée de se tenir prêts à déclencher « une riposte soit sur ses ordres, soit de
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            leur propre chef en cas d’agression aérienne ».  Moins d’une semaine plus tard, la
            situation étant sans issue, Vuillemin décide d’agir pour sauver ce qui peut encore
            l’être. La concentration d’importants moyens aériens dans la partie méridionale du
            pays ne va pas sans poser de problèmes aigus. Ce sont ainsi des centaines d’avi-
            ons, parfois 250 à 300 par terrain, impossibles à disperser, qui sont confinés sur
            un nombre d’aérodromes très réduit sur lesquels la Luftwaffe peut fondre à n’im-
            porte quel moment et entraîner un désastre sans précédent (Ussel, Avord, Rochefort,
            Ozon, Saint-Symphorien). Redoutant la désorganisation qui ne cesse de grandir et
            pourrait fort bien l’empêcher d’exercer à brève échéance son contrôle sur les uni-
            tés aériennes, le commandant en chef des forces aériennes est également préoccupé
            par le destin tragique qui attendrait ces centaines d’appareils si une capitulation ou
            un armistice venait à les surprendre dans de telles circonstances. Aussi, animé par
            le souci fondamental de sauvegarder un capital précieux pour l’armée de l’Air, se
            résout-il à ordonner le passage en Afrique du Nord des avions qui se montreraient
            capables de franchir la Méditerranée. Le 16 juin, peu avant de quitter Châtelguyon et
            de gagner Agen, il signe une instruction qui prévoit le transfert en Algérie, au Maroc
            et en Tunisie de 16 groupes de chasse et de 18 groupes de bombardement, le presque
            totalité des moyens en appareils modernes. Dans le même temps, il informe le géné-
            ral Pennès, commandant les forces aériennes d’Afrique du Nord, d’avoir à préparer
            l’arrivée de ces formations. Les échelons roulants reçoivent pout instruction de ga-
            gner Bordeaux et Marseille afin d’y être embarqués. Des doutes ne s’en produisent
            pas moins dans les unités dont les avions disposent d’un rayon d’action insuffisant:
            «Nos pilotes, explique l’historique de l’aviation de chasse, surtout des unités armées
            de Morane-Saulnier et de Bloch 152, n’envisagent pas sans une appréhension justi-
            fiée l’éventualité d’une traversée de 900 km avec des appareils dont le rayon d’action
            n’excède pas 800 km. Devront-ils donc se résoudre à incendier ceux de leurs avions
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            qui ne pourraient échapper à l’ennemi ? »  Le 18, le mouvement de repli vers le sud
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               Instruction particulière du général Vuillemin au commandant de la zone d’opérations aériennes Al-
               pes, 16 mai 1940, SHD/DAA 1D2.
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               Ordre particulier du général commandant en chef les forces aériennes, 10 juin 1940, SHD/DAA
               1D2.
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               Historique de l’aviation de chasse pendant la campagne de 1940, s. d., SHD/DAA 3D497.
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