Page 85 - Airpower in 20th Century - Doctrines and Employment
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l’armée de l’air française faCe aux armistiCes de juin 1940 85
min agit dans le sens qui lui paraît le mieux convenir. Il dépêche le général Bouscat
en Afrique du Nord avec la mission de prendre toutes les mesures nécessaires pour
empêcher des actes qui pourraient remettre en cause les engagements pris par les
autorités françaises. Tâche difficile et ingrate au demeurant que celle qui consiste à
convaincre les aviateurs repliés au Maroc, en Algérie et en Tunisie de ne pas com-
mettre l’irréparable. Il faut faire « comprendre à chacun, avance cet officier de haut
rang, la nécessité de respecter les clauses d’un armistice et la noblesse qu’il y a à
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faire face sans révolte au destin malheureux ». Les bonnes paroles ne suffisant pas,
des mesures de surveillance des avions et de mise sous clé des réserves de carburant
et de munitions sont décidées et appliquées.
Le 23 juin, instruit des dispositions définitives de l’armistice franco-allemand,
Vuillemin ordonne aux zones d’opérations Centre et Alpes de suspendre le transfert
des avions vers l’Afrique du Nord et de ne plus détruire le matériel, ni les munitions
et les équipements abandonnés sur les aérodromes de métropole. Il demande aussi
aux navigants de ne quitter sous aucun prétexte les bases sur lesquelles ils se trou-
vent en vue de rejoindre un territoire étranger, soucieux de ne pas s’exposer aux re-
présailles prévues par la convention négociée à Rethondes. Le 24, tout de suite après
la signature de l’armistice de Turin, l’idée d’une grande offensive aérienne contre
l’Italie est remisée. A ce moment, 16 groupes de chasse, 22 groupes de bombarde-
ment et 10 groupes de reconnaissance sont en Afrique du Nord, capital en tout point
important, et 12 de chasse, 10 de bombardement ainsi que 4 de reconnaissance sont
restés en France. Toutes ces unités sont promises à la dissolution pure et simple et
leurs avions destinés à être ferraillés sans autre forme de procès.
La reprise en main de l’Armée de l’Air
Le message adressé à ce moment par le chef de l’aviation à toute l’armée de
l’Air a pour dessein de calmer les esprits, tout en laissant subsister quelque espoir :
« Le commandant en chef n’ignore pas l’immensité du nouvel effort, du nouveau
sacrifice qu’il demande. Mais il sait qu’il peut compter sur tous les chefs, tous les
équipages, comme sur le personnel non navigant, pour que l’honneur de la France
qu’ils ont si vaillamment défendue et sont prêts à défendre encore, ne soit pas terni
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par un manquement aux engagements qui pourraient être pris ». Cette prise de
position est quelque peu éloignée de celle que Pierre Cot décrira depuis son exil
forcé aux Etats-Unis, vers la fin de la Seconde Guerre mondiale : « En juin 1940,
le général Vuillemin combattit la proposition d’armistice, il voulait que la France
continuât la lutte aux colonies. (…) Je ne me suis jamais posé la question de savoir
quelles étaient ses opinions politiques. Mais j’imaginerais mal ce paysan du Centre,
au sourire si fin, tombant dans les grossièretés du fascisme. Ayant le tempérament
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Ibidem.
15
Ibidem.

