Page 81 - Airpower in 20th Century - Doctrines and Employment
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l’armée de l’air française faCe aux armistiCes de juin 1940                81


            capable d’être engagé sur le champ au combat. La cohésion opérationnelle s’est lar-
            gement diluée, les liens tactiques sont presque inexistants et les centaines d’avions
            entreposés en Afrique du Nord n’ont ni la logistique, ni la maintenance, ni les réser-
            ves qui leur permettraient de durer en cas de reprise des hostilités. Hormis quelques
            ateliers industriels de l’Air ou centres de montage d’avions achetés aux Etats-Unis,
            cette partie de l’empire ne dispose d’aucune structure industrielle aéronautique. La
            situation de l’aviation de chasse illustre parfaitement cette problématique et fait de
            l’idée selon laquelle la guerre pouvait être poursuivie depuis l’autre rive de la Médi-
            terranée une pure spéculation de l’esprit. Certes, les groupes de cette spécialité sont
            théoriquement capables de prendre part à des opérations contre le territoire italien
            ou d’assurer la couverture des territoires sur lesquels ils stationnent. « Mais, prati-
            quement, sur ces quatorze groupes, dix sont très éprouvés par les pertes en personnel
            et en matériel subies pendant la campagne de France, explique un rapport. (…) Les
            pilotes survivants ont besoin d’un long repos pour se remettre des fatigues surhu-
            maines qui leur ont été imposées pendant ces six semaines. L’effectif pilote doit être
            complété, en particulier par le personnel encore en traitement dans les hôpitaux. Le
            matériel avion a besoin d’une révision très sérieuse des moteurs et des cellules :
            opérations longues pour lesquelles les groupes armés de Curtiss, de Dewoitine 520
            et de Bloch 152 ne disposent à peu près que des seules ressources de leur échelon
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            roulant… »  Les formations aériennes qui ont franchi la Méditerranée pour gagner
            l’Afrique du Nord à partir du 17 juin 1940 ont dû laisser sur place leurs échelons
            roulants et perdre, de ce fait, une bonne partie de leur autonomie opérationnelle.
               Le rapport des forces avec l’Italie, sur laquelle Vuillemin entend engager ses
            forces, dans le cadre d’une vaste offensive, jusque dans les dernières heures de la ba-
            taille, est d’autant plus défavorable que les éléments de la Royal Air Force déployés
            en Méditerranée disposent de moyens presque inexistants, de l’ordre de 400 appa-
            reils. La Regia Aeronautica, l’aviation indépendante, en aligne entre 2 500 et 3 000
            dont plus de la moitié de première ligne (ses chasseurs sont quelque peu dépassés
            mais ses bombardiers sont modernes), tandis que la Regia Marina (l’aéronautique
            navale) ne constitue guère une menace.


            La grande migration en Afrique du Nord

               Dès le début de la bataille de France, Vuilllemin n’a cessé de redouter l’ouverture
            d’un second front au sud-est. Face à l’adversaire potentiel que constitue l’Italie, le
            commandant en chef des forces aériennes est partisan d’une politique prudente et
            défensive. Il n’envisage de bombardements sur le territoire ennemi que dans le seul
            cas où les Italiens prenaient l’initiative d’attaques aériennes contre des objectifs mi-
            litaires ou civils, en précisant que la riposte devant être proportionnée à l’agression.
            Si la Regia Aeronautica venait à bombarder des agglomérations, l’aviation française


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               Historique de l’aviation de chasse pendant la campagne de 1940, s. d., SHD/DAA 3D497.
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