Page 162 - Il Mediterraneo quale elemento del Potere Marittimo - Atti 16-18 settembre 1996
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           liberté de communication au profit de son commerce et de ses relations avec l'lode
           et les dominions orientaux. C'est le moyeQ d'apporter un puissant appui à l'action
           diplomatique età l'influence britannique dans le bassin méditerranéen et au Moyen
           Orient.  En  s'appuyant sur Gibraltar, Malte et Alexandrie,  en  controlant le  canal
           de Suez, elle peut exercer, dans cette zone, l'autorité qu'elle entend conserver dans
           les affaires européennes. Elle peut également jouer, à l'égard cles deux «soeurs lati-
           nes>>  riveraines,  ritalie et la  France,  un role  d'arbitre,  qui  d'ailleurs  profitera le
           plus  souvent à  la  première.
                Si la Grande-Bretagne termine la guerre à la tete de l'impressionnant tonnage
           de  l 800 000 ton n es  et demeure la  première puissance navale, elle est cependant
           en passe de perdre la suprématie mondiale. En effet, les Etats-Unis ont en construc-
           tion  près  de 800 000 tonnes  (pour  un  tonnage  en  service  de  l  300 000 tonnes).
           Elle doit clone, compte tenu de la situation économique qui prévaut au lendemain
           de l' armistice, se résoudre à accepter la politique de limitati o n cles armements na-
           vals  suggérée par les  Etats-Unis. Il en résultera à la  conférence de Washington de
           1921-1922,  à  laquelle,  outre le Japon,  seront conviées  l'ltalie et la  France.
                Pour certe dernière qui possède deux façades  maritimes, la Méditerranée re-
           présent essentiellement deux voies de communication. La  première est celle qui la
           relie à l'Afrique du Nord d'où, dans le cas  d'un conflit continental, elle fait venir
           renforts  e n hommes  et troupes  aguerries.  C'est par cette voi e que so n t  arrivées,
           en  1914 les  divisions  nord-africaines  qui  ont pu etre,  en  temps utile,  jetées  dans
           la  bataille et,  notamméiu,  changer le  cours  de  celle  de  la  Marne.
                Mais l'équipée devant Bone et Philippeville du Goeben  et du BreJiau  coincés
           en Méditerranée parla déclaration de guerre, meme si elle n'a pas entrainé de dom-
           mages majeurs, a rappelé que certe route mari cime était très vulnérable.  C'est, en
           fait, vers une véritable hégémonie sur le bassin occidental de la Méditerranée que
           doit tendre  la  Marine française  si  elle  veut remplir  sa  mission  prioritaire.
                La seconde voie de communication intéressant la France est celle,  Est-Ouest,
           qui la  celie au Levant et au bassin orientai.  Mais, meme après que le  mandat sur
           les États du Levant lui aie été confié, il ne s'agir pas d'une route s'intéret vital, mais
           plutot de liens politiques, culturels et sentimentaux. La  mission qui incombe à la
           Marine  française  en  Méditerranée  orientale  est  essentiellement  UJ.?.e  mission  de
           présence.
                En  1919, la  Marine Nationale  sort de  ia  guerre très  diminuée moralement
           et matériellement. Pendant le conflit, l'importance de la mer a pris toute sa dimen-
           sion, mais le «préjugé continental», qui est si enraciné en France, demeure. La Ma-
           rine  a  mis  tous  les  moyens  industriels  de ses  arsenaux  à la  disposition  du front
           terrestre et elle s'est ainsi privée de constructions neuves. Elle n'a pas eu à engager
           son corps de bataille de façon spectaculaire, tout en menant une guerre anti sous-
           marine épuisante pour le perso nn el et le matériel. Par ailleurs, la flotte de  l 08 000
           tonnes que laisse à l'Allemagne le traité de Versailles ne constituant plus, aux yeux
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