Page 166 - Il Mediterraneo quale elemento del Potere Marittimo - Atti 16-18 settembre 1996
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De meme, assurées de pouvoir couvrir leurs théatres d' opérations privilégiés
avec de l'aviation basée à terre, les deux marines négligeront les porte·avions et
la France se satisfera du vieux Béarn qui le moment venu s'avérera inutile.
Néanmoins les mises en chantiers en Allemagne entre 1928 et 1932, cles 3
Deutschland de la Kriegsmarine, d'ailleurs autorisées par le traité de Versailles, en·
trainent la mise en chantier du Dunkerq11e en 1931, suivie en 1934 par celle du
Strasbourg. Aprés l'échec d'une tentative de compromis franco·italien en avril1934,
Mussolini ordonne, en juin, la mise en chantier des 2 Vittorio Veneto, à laquelle ré·
pond, du coté français, les commandes du Richeliett et du]ean Bart, de meme tonnage.
Mais cette course aux armements, très lourde financièrement, ainsi que les
retards prohibitifs que prennent à la construction les chantiers français, publics
et privés, rendent la recherche de la marge de supériorité souhaitée par l'E.M.G.
très difficile à soutenir. Dans l'hypothèse d'un conflit généralisé, la Marine françai·
se, à l'horizon 40, n'aura plus les moyens de s'opposer à la Kriegsmarine et à la
Reggia Marina. La recherche d'une alliance maritime va clone s'imposer.
Dans ce domai ne la première voi e qui s'offre à la Marine est, paradoxalement,
la voie italienne. La mena ce allemande grandissante fa ce à l' Autriche et la tentati ve
d' Anschluss de l' été 34 conduisent, e n effet, le gouvernement français à se rappro·
cher de l'ltalie, et le 7 janvier 1935, une série de conventions aplanissent les diffé·
rends territoriaux entre les deux pays. Des accords militaires peuvent alors etre
envisagés. Les Etats·majors de l'Armée et de l'Air y sont favorables. Sans menace
italienne sur les Alpes et la Tunisie, l 7 divisions françaises deviennent disponibles
pour le front du Nord·Est.
La Marine, sans nier toutefois les possibilités stratégiques et économiques of·
fertes par une coopération navale avec l'ltalie, se montre plus réticente et se serait
volontiers contentée d'une garantie de neutralité.
L'E.M.G. exprime ses réserves au gouvernement en avril1935, avec cles argu-
ments d'inégale valeur: l'alliance avec l'ltalie risque de compromettre le pacte franco·
yougoslave; elle risque également de donner prétexte à la Marine italienne pour
réclamer à nouveau la parité du tonnage. D'autre parte- et cela tendrait à confir-
mer que la menace italienne brandie pour l' obtention du «sta tut naval» de 24 c or·
respondait plus à un argument de séance qu'à la réalité des faits- on faisait observer
que l' opinion publique française, incapable de comprendre que «la nécessité de
la puissance maritime était pour la France une constante de sa politique quelles
que soient les amitiés du moment, pourrait exiger un relachement de notre effort
maritime». Enfim, - et l' argument est de poids alÌ moment où les problèmes éthio-
piens se font jour - si une convention militaire franco·italienne ne se concevait
que dirigée contre l' Allemagne, une convention navale pourrait apparaitre, aux yeux
des Britanniques, comme une pression dirigée contre l'Angleterre.
En fait le déclenchement de la guerre en Afrique orientale va mettre un terme
à cette ébauche de rapprochement, bien que Rome attende le 17 décembre 1938

