Page 164 - Il Mediterraneo quale elemento del Potere Marittimo - Atti 16-18 settembre 1996
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                 Le projet ne sera pas présenté au vote du Parlement: le motif officiel est l'atta-
            chement de celui-ci à la règle de l'annualité budgétaire. En fait,  on craint surtout
            que l' énorme engagement financier que suppose la  réalisation du «sta tut» ne fasse
            mauvais effet sur les créanciers de la France. Mais, découpé en tranches annuelles
            qui seront adoptées par les gouvernements successifs, il servira de cadre à la recon-
            struction de la  Marine  nationale et  ~onstituera l' objectif de  ses  programmes.
                 E n réalité le  chiffrage cles  besoins a été obtenu à partir d' études précises de
            l'Etatmajor général  de la  Marine, prenant en  compre la  situation internationale.
            A cet égard, le «Préambule aux plans provisoires d' opérations», rédigé en février
             1924 par le  3 ° bureau (opérations) de l'Etat-major consti tue la synthèse des ambi-
            tions de la Marine. La Méditerranée y joue un role fondamenta!:  en effet, l'hypo-
            thèse de base clairement affichée est celle  d'un conflit qui mettrait la  France aux
            prises avec  une  coalition Germano-ltalienne, avec  deux cas  de figures  possibles:
                 l) entrée en guerre simultanée  de  l' Allemagne  et de  l'ltalie,
                 2) entrée en guerre de l'Italie décalée, après une période d'incertitude sur l'at-
            titude qu'elle adoptera.
                 L' Angleterre étant supposée  rester  neutre dans  les  deux cas.
                 On peut en effet craindre que l'Italie, mal récompensée per le traité de Ver-
            sailles pour so n entrée' en guerre aux cotés cles alliés et rendant la France responsa-
            ble de ce fait, ne cherc}:le à profiter de la situation dans le cas d'un conflit continental
            dans  lequella France serait impliquée.
                 Cetre étude est d'autant plus importante qu'elle prend en compre les données
            du pian de  transport vers la métropole cles  troupes  d'AFN dont l'Etat-major  de
            l' Armée viene, à dater du ler janvier  1924, de modifier les effectifs et la composi-
            don. Ceux-ci, dont l'importance serait capitale pour les opérations terrestres, pas-
            sent  de  75 000  à  150 000  hommes  dont  75%  doivent  emprunter  la  roure  de
            Méditerranée  occidentale.
                 n s'agir là d'un document qui a pour ambition de déterminer la composition:
                du détachement de sureté qui doit opérer face  à une  Kriegsmarine limitée à
                108 000 t.  et que l'E.M.G. crédite essentiellement d'une capa~ité de guerre de
                course,
                de la force principale qui doit faire face à la Marine italienne. Parmi les actions
                susceptibles d'erre menées  par celle-ci, l'E.M.G.  envisage,  outre l'attaque cles
                convois, la possibilité d'une opération combinée menée, contre la Tunisie, par
                deux divisions de l' Armée i tali enne appuyées par la Flotte. Curieusement, l'hy-
                pothèse d'un bombardement cles installations françaises de Tunisie est exclus.
                 L'E.M.G. considère que la Marine italienne, qui possède un corps d'officiers
            «intelligents  et très  instruits»,  a toujours  fait  preuve «d'un gout très vif pour les
            raids brefs et répétés, conduits avec hardiesse et rapidité». Il note que sa faiblesse
            relative  résiderait dans  le  manque  de  ténacité et d'endurance du personnel,  qui
            «éprouve une vive répugnance pour les longues croisières et l'action continue». En
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